• Les larmes d'Ida

    Le générique final d'Ida défile sur une pièce de Bach.

    Silence épais parmi les quelques spectateurs toujours rivés à leur fauteuil.

                                                         Curieusement,

    l'émotion monte, par surprise. Les larmes perlent, sans couler. Je ne parviens pas à mettre des mots sur ce que je ressens, ni à m'expliquer cette brusque poussée lacrymale.

    Je lis dans Positif (n° 636, février 2014) que le réalisateur polonais, Pawel Pawlikowski a choisi le morceau final, une transcription pour piano d'un choral de Bach, pour sa mélancolie sereine qui traduit bien l'acceptation par Ida du monde tel qu'il est.

    Accepter le monde tel qu'il est, accepter de ne pas comprendre sur le champ, l'impact des images ou d'une personnalité. La décantation d'un film opère sur une durée indéterminée , jours, mois années.  Il m'est arrivé de saisir le sens  d'un émoi ou la persistance d'une scène dix ans après la première projection.

    Extrait de mon livre à paraître, "Le cinéma, une thérapie douce"

     

    Notre texture psychologique est malléable. Revoir le même film à quelques jours d’intervalle génère des réactions et des commentaires différents de la première projection. La reprise du film quelques années plus tard donnera lieu à des perceptions très différentes des impressions initiales ou parfois celles-ci n’auront pas bougé. A votre grande surprise, vous vibrez aux mêmes passages, signe d’une émotion ou d’une personnalité bien ancrée.

     

    Quoi qu’il en soit, chaque séance est singulière et non reproductible. Nous avons nos visions intimes, dominées par notre histoire personnelle, notre milieu social, notre tempérament, nos préoccupations de l’heure. Chacun attribue un objectif particulier à sa séance, déterminé par l’état d’âme du moment.

     

    Le film est immuable, nous sommes changeants. La nature du contact avec l’imaginaire des images montées varie selon l’époque et l’historique du spectateur. Il monte ou descend la gamme de ses émois à sa guise. L’impact d’un film sur la psyché est imprévisible. La matrice émotionnelle du cinéma est aussi ample que la sensibilité du spectateur.

         

    Film en  format 1.33                                                Photo                                     

     

     

    Pour l'instant, ce qui émerge et demeure, c'est le choix déterminé d'Ida, du sens à donner à sa vie. Elle n'est jamais allée nulle part, confiée enfant à un couvent. En quelque jours à l'extérieur, elle déterre son passé et enterre sa vie civile pour épouser la sérénité d'un refuge, asile ou chez soi.     

    Une belle force tranquille

     

     


  • Commentaires

    1
    Martine
    Lundi 28 Juillet 2014 à 08:57

    Coucou Minou,


     


    C'est vraiment pas mal du tout!!!

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