• Les funambules

                                                           La Famille Bélier

    J’ai revu La famille Bélier dont j'ai déjà parlé. Le film d’Eric Lartigau était projeté en avant-première au profit des œuvres sociales d’un service club namurois. Parmi l’assemblée de 400 personnes, des enfants des classes bilingues de l’école Ste Marie.


    Cet établissement est un des rares en Belgique à inclure par petits groupes, dès les maternelles, des enfants sourds ou malentendants dans des classes ordinaires par immersion linguistique. Un duo de professeurs fait la classe. L’un s’exprime en français pour les enfants entendants et l’autre s’exprime en langue des signes ou en français rendu accessible par un code (le LPC) pour les enfants sourds ou malentendants. Un bref documentaire donne un aperçu de l’initiative intégrative.


    Avant la projection, la présidente du Kiwanis Terra Nova a présenté le programme social de son association. Une interprète traduisait son discours en langue des signes. Le film aussi était sous-titré pour les sourds ou malentendants. En plus des paroles, des indications sur l’ambiance et les sons donnaient du relief au vide acoustique d’une partie du public. Le silence dans une scène était signifié par des points de suspension (...)


    Ce sous-titrage spécifique matérialisait le handicap de ne rien entendre des bruits du monde ni de ne pouvoir dire oralement ses désirs, peurs et besoins. Le contexte particulier de la séance mixte a surligné des attitudes que j’avais escamotées à la première vision. L’importance du toucher dans une famille de malentendants ; les élans d’affection spontanés  La Famille Bélier : Photo François Damiens, Louane Emera

    les mimiques expressives pour montrer un sentiment.      La Famille Bélier : Photo Karin Viard, Louane Emera      


    Une séquence a retenu particulièrement mon attention. Celle où le son disparaît progressivement lors d’un concert. Les ravages de la surdité prennent toute leur ampleur. Cette scène est très bien amenée au contraire de ce que j’avais voulu faire au cours d’un reportage télévisé au début de ma carrière de journaliste dans un institut pour malentendants. J’avais également coupé le son pendant 10 secondes, brutalement, sans préparer le spectateur. On avait cru à un incident technique. C’était raté

    .
    Au final, très émouvant, on n’entendait pas une mouche voler dans la salle. Les spectateurs étaient englobés dans une même émotion, sous l’emprise de la contagion de l’effet de salle, le public ne formant plus qu’un contenant l’émoi de tous. « Le tout était plus que la somme des parties.»


    Mon voisin de fauteuil, antillais chaleureux, m’a dit gravement, avoir été étonné de l’émotion éprouvée à l’écoute des chansons de Michel Sardou, interprétées en chorale, en duo ou en solo.La Famille Bélier : Photo Eric Elmosnino, Louane Emera  La Famille Bélier : Photo Eric Lartigau  La Famille Bélier : Photo Ilian Bergala, Louane Emera

    Une composition l'avait particulièrement marqué : "Je vole" .

    Moi aussi, qui n’aime pas du tout Sardou, j’ai découvert l’impact de textes exprimant simplement des sentiments forts.


    Une bien belle soirée.

     

                                                                                    La Famille Bélier : Photo François Damiens, Karin Viard, Louane Emera, Luca Gelberg


    La famille Bélier sort le 17 décembre sur les écrans belges et français. Ce film sans prétention mérite d’être LA sortie familiale de cette fin d’année.


    Il a neigé sur Namur cette nuit. L’hiver pointe le bout du nez. Ayons chaud au corps et au cœur.

     


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