• Le Western aux racines de l'Amérique.

    Kristian Levring aimait regarder les westerns quand il était petit. Devenu grand, il replonge dans son imaginaire d’enfant en réalisant Salvation (sortie le 27 août en France, le 3 septembre en Belgique) un western de facture classique, très inspiré par le style de Sergio Leone qui a renouvelé le genre dans les années 70.

     

    The Salvation


    La différence entre les films de cowboy/indien de mon enfance et ceux d’aujourd’hui, c’est le réalisme et l’extrême violence des westerns modernes. Salvation raconte une vengeance dans une Amérique qui découvre le pétrole, Homesman traîne la folie de femmes pionnières ayant sombré dans la démence, ravagées par l’isolement sur des terres vierges et soumises au mauvais plaisir de maris bestiaux et frustes.
    L’Amérique s’est construite dans la violence, sans ordre, ni loi, sinon celle du plus fort. Il fallait une fameuse trempe et une sacrée foi pour survivre dans de grandes étendues désertiques. La plupart des pionniers fuyait un pays en guerre, la pauvreté ou la persécution religieuse.

    Rien d'étonnant donc qu'un Danois, retourne aux sources de l'histoire, en réalisant un film parlé en danois et en anglais. Tommy Lee Jones, l’auteur de Homesman est un texan de la huitième génération, marqué par le passé tumultueux du grand état, fait de guerres, de cyclones, de sécheresse, de ruine et de reconstruction.
    Les cinéastes, l’étranger et l’indigène, reviennent aux temps des pionniers, probablement fascinés par  l’âpreté impitoyable de conditions de vie inimaginables actuellement. Ce qui n’a pas changé, c’est la sensibilité de la gâchette des Américains, population surarmée, prompte à dégainer pour préserver son bien ou pour exécuter ceux qui jurent dans l’American Way of life blanc.

    Voyez Ferguson en ébullition dans le Missouri, dont 70% des habitants sont noirs, secouée par la mort d’une jeune Noir, abattu par la police locale. Plus récemment encore, ce Noir de 25 ans descendu de 12 balles à Los Angeles, exécution filmée par un témoin avec son téléphone. Cela me rappelle le passage à tabac de Rodney King, en 1991, par plusieurs policiers, acquittés ensuite par un jury majoritairement blanc.

    Oui, l’Amérique a la violence dans le sang, comme nous le rappelle régulièrement le cinéma local et international.



     


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