• Le terreau de Coline

     

      #colineserreau

                                                                  Tiens, voilà quelqu'un que j'aime bien. Les fragments biographiques de Coline Serreau figurent à l'avant-plan de la séquence cinéma de ma librairie chérie. #colineserreau (Ed. Actes Sud) évoque surtout sur les racines et les engagements familiaux de la cinéaste, actrice, dramaturge, trapéziste, photographe, musicienne et insoumise incorrigible. Elle livre aussi ses pensées,ses sources inspirantes (Bach, Rembrandt, Freud et Annie Fratellini). Elle ne parle que d'un film, La crise, dans un des vingt-trois hashtags adressés à ceux qui l'estiment sans la connaître vraiment. 

    Coline Serreau n'a plus tourné depuis 2005. Pourtant je sais largement citer son œuvre vue depuis 1973.

    La crise    La belle verte    Trois hommes et un couffin : Affiche  Chaos

    On s'est trompé d'histoire d'amour /Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux/Trois hommes et un couffin/Romuald et Juliette/La crise/La belle verte/ Chaos/Saint Jacques... La Mecque. J'ai vu la plupart de ses longs-métrages. J'ai toujours apprécié son humour, la légèreté avec laquelle elle aborde des sujets brûlants. Le couple, la société de consommation, la paternité, la solidarité la religion et l'écologie, autant de thèmes induits par la vie de ses ancêtres et de ses géniteurs.

    Coline a de qui tenir.

    Petite-enfant d'une arrière-arrière-grand-mère née hors mariage en 1820 (famille des milieux bancaires suisses).

    Petite-fille d'un fils de pasteur itinérant dans les Cévennes, l'Ardèche et la Drôme. Son grand-père avait entendu des voix lui intimant  de parler de Dieu aux gens de son pays. Plus tard, Coline écoutera les arbres lui donner le fil de La Crise. Elle fait aussi un rêve prémonitoire la veille de la mort de son frère.

     

    Vers 1930, une de ses tantes travaille à l'école de Beauvallon, refuge des démunis, petits et grands, fondée par deux femmes amoureuses. On y pratique la pédagogie réparatrice et la gestion transversale. C'est là que sont accueillis les parents désargentés de Coline. Sa mère Geneviève est enceinte. Son père deviendra un metteur en scène de théâtre renommé. Il abandonne ses trois enfants après la tentative de suicide de Geneviève. Coline voit peu sa mère, écartelée entre ses occupations d'écrivain, de directrice littéraire et de militante politique. Mais les enfants ne manquent de rien, sont à l'heure à l'école, embrassent maman au coucher. Coline voit défiler des réfugiés, des écrivains fauchés; elle apprend l'entraide, la résistance, le courage de sa mère (page 80).

    La sélection de textes publiés dans l'ouvrage reflètent les engagements passés, les valeurs transmises, un féminisme radical. Aujourd'hui, l'avenir de la planète inquiète Coline; le recul (relatif) du machisme la réjouit.

    Quelle vie foisonnante, quel cap tenu vaille que vaille. Ces bribes autobiographiques (parsemées de photopeintures) énoncent une profession de vie bien ancrée dans la rébellion contre les injustices. Les histoires mouvementées me fascinent toujours alors que je m'interroge sur mon engagement pour un mode de vie plus respectueux de la santé terrestre, fondé sur la richesse de relations humaines vivantes, non dématérialisées, ni numérisées, ni désincarnées.

     

     

                                                         

    "Pour que quelque chose change, ce système devra s'effacer devant un nouveau paradigme, soit par la violence, soit par l'effondrement naturel, comme le mur de Berlin fut abattu, sans un mort. Espérons que la manière douce l'emportera, mais rien  n'est moins sûr." (page 138)

     

     À septante-deux ans, la polyvalente dirige une chorale qui tourne notamment dans le pays de son ancêtre pasteur.  


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