• Le camp de la honte

     

                                                    O que acontecerá com a prisão de Guantánamo com os EUA sob ...

     

    Au-delà des barbelés, l’océan et le ressac immuable des vagues. Des iguanes aussi, que les prisonniers agacent au pied des bâches ceinturant les carrés de promenade. Dehors, les détenus communiquent à la voix, sans se voir. Marseille et le Mauritanien (Mo) nouent une amitié bâtie sur des conversations en français et un ballon de football.  Mo croit dur comme fer à sa libération. Pourtant, il est là depuis trois ans, amené nu au camp de Guantánamo , zone hors-la-loi, aux mains de militaires américains, au sud-est de Cuba.  

    Mohamedou Ould Slahi  est accusé d’avoir commandité et organisé les attentats du 11 septembre 2001. L’Amérique exige des coupables, une procédure expéditive  et des exécutions. Ce jeune étudiant fera l’affaire. Il est ingénieur de formation, cultivé et a un cousin terroriste. « Mo » a également suivi un camp d’entraînement terroriste en Afghanistan dans les années 90, avant de couper les ponts avec Ben Laden.

     

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    Il ne cesse de clamer son innocence, à ses tortionnaires et à ses avocats. Nancy Hollander défend l’indéfendable au nom du droit à un procès équitable pour tous. Elle entre en piste avec son assistante en 2005. Son tempérament tenace sape la rétention d’information des services secrets sur les tourments horribles infligés aux prisonniers incarcérés illégalement à Gitmo. Le colonel chargé de poursuivre le Mauritanien accède aussi aux documents « secret défense ». Il est partisan de la peine de mort, ami d’un pilote des Boeing lancés sur les tours. Mais il est aussi croyant, intègre, et indisposé à condamner n’importe qui pour l’exemple.

    Kevin Macdonald suit les quatre protagonistes d’une injustice orchestrée. Il agence passé, présent et visions hallucinées de Mohamedou avec sa maestria de documentariste éprouvé. La mise en images des carnets écrits en prison, réussit à la fois à nous faire sentir l’enfermement de Mohamedou et sa liberté de pensée, qui lui a permis de tenir quatorze années dans un camp abominable, indigne d’une démocratie. C’est aussi un film d’acteur. Jodie Foster et Tahar Rahim sont parfaits, animés d’un humanisme assumé bec et ongles.

     

                                             Guantánamo diarist Mohamedou Ould Slahi: chronicler of ...

    La justice civile donne raison à Mohamedou Ould Slahi en 2010. Cependant, l’acquitté ne sera libéré que six ans plus tard, l'administration Obama ayant intenté appel du jugement alors que le même gouvernement essayait de fermer Guantanamo, ce que le Congrès n’a jamais accordé au président (voir article précédent). Aujourd'hui, Mohamedou vit tranquille dans son pays, il a épousé une avocate américaine.

    The Mauritanian émeut et terrifie. La séquence des tortures est insoutenable, le film est d’ailleurs interdit aux moins de 16 ans. C’est une œuvre nécessaire sur les dérives occultes d’un État puissant et meurtri. Il sort lorsque 17 grands organes de presse internationaux  révèlent l’existence d’une surveillance ciblée de citoyens turbulents aux yeux du pouvoir. Une dizaine de pays ont acquis le logiciel espion Pegasus, mis au point par une firme israélienne, avec le visa des autorités pour sur les pays clients. 50.000 téléphones ont été infectés. Des gouvernements et des services secrets ont espionné des journalistes, des avocats, des influenceurs, des hommes politiques, des athlètes, des prêtres et des imams. Le journal Le monde   détaille les dessous du scandale tout au long de cette semaine.

     

                                            Déjà opérationnel dans 13 pays, le pass sanitaire, entrera en vigueur sur l'ensemble du territoire européen le 1er juillet - Crédits : Chalffy / Istock

    Les intrusions ont commencé en 2016, l’année de la libération de Mohamedou. La cybersurveillance étatique et commerciale étend abusivement ses tentacules. Elle représente un moyen supplémentaire de contrôle entre les mains de nations mal intentionnées. On a raison de s'inquiéter du sort des données reprises sur le passeport vaccinal européen, le pass sanitaire français ou le Covid Safety Ticket belge. La montagne Big Data s'avère aveuglante et étouffante.

     

     

     

     


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