• La malédiction de la Mommy

    J’ai vu Mommy à Bordeaux dans une salle Utopia.

    Dur, déprimant et intense. L’utopie d’une relation fusionnelle entre une mère mi-courage, mi- carnage et un fils assoiffé d’amour et anarchiste.

    L’emprise d’une relation sans bords, donc sans limites sinon celle du format carré dans lequel Xavier Dolan enferme un fils et une mère dans l’illusion d’un bonheur possible  en suivant aveuglément ses pulsions vitales et suicidaires.  

    Un tiers invité et souhaité s’interpose timidement entre Diane et Steve. Mais Kyla est encore fragile après la perte d’un enfant. Le père de Steve est mort brusquement trois ans plus tôt. Steve (16 ans) et Kyla partagent un chagrin immense, ils peuvent s’entendre jusqu’à un point de rupture tracé par la mère surnommée Die (tue).

     

    Dolan    

     

    filme goulûment une tragédie. Ses films crucifient l’amour maternel tout en se délectant de confrontations affectives poussées au paroxysme. Le jeune réalisateur est ambivalent et absolu. Nulle place pour la nuance, nul espoir pour la modération d’une figure aimante et ferme qui dissoudrait la glu de l’amour fusionnel enmêlant Diane et Steve. Mère et fils se ressemblent, ils  appellent l’affection. Ils forment une équipe insensée et bottent les coachs en touche. Ils  se cognent aux contraintes de la société, ils essuient les revers de la violence de Steve et de la faiblesse de Diane. Le duo toxique n’a pas la chance de rencontrer les bonnes personnes aux mauvais moments. L'apaisement  d’une médiation heureuse n’intéresse d’ailleurs pas Xavier Dolan. Il filme à l’énergie, offre peu de répit au spectateur. C’est son style et je n’aime pas. Avant de le porter prématurément au pinacle, j'attends de cet artiste indéniablement doué un poil de recul sur son histoire, distance qui en ferait un vrai grand à 25 ans.

     

                                                            Mommy

    Mommy est désespérant car dans un Canada fictif, il n’offre qu’une alternative carcérale et psychiatrique à l’amour trouble (é) entre un fils et une mère. Plutôt enfermant. De ce film qui étreint l'estomac, je préfère retenir les deux séquences où le cadre carré éclate dans un scope libératoire. Il y a cette promenade à trois à vélo, Diane, Steve et Kyla, aux anges et la perspective d'une nouvelle famille. Il y a la rêverie de Diane d’un avenir idéal pour son Steve.  Deux belles accalmies.

    Les trois interprètes sont parfaits. Anne Dorval et Antoine-Olivier Pilon ont décroché les prix

    d’interprétation décernés au FIFF hier soir.

    Amplement mérité.                             

     

     

      

     


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