• La foire au cinéma

     

    J’ai eu l’occasion d’animer un mini-atelier de ciné-narration à la Foire du livre de Bruxelles avant une séance de dédicaces de mon dernier ouvrage, Ciné-narration, une façon d'être. Nous étions huit à nous raconter nos histoires de films. Un premier tour de table interroge le souvenir de sa première séance de cinéma.

                Résultat de recherche d'images pour "maman j'ai raté l'avion affiche"               L'Homme qui en savait trop : Affiche             Affiche du film Les Oiseaux d'Alfred Hitchcock

    - Maman, j’ai raté l’avion.

    - C’était un film d’Hitchcock. Je ne me souviens plus du titre mais très bien d’une scène où un homme avait de la poudre bleue sur les mains. Cela se passait à Marrakech, entre autres. (L’homme qui en savait trop). J’ai fait des cauchemars après.

    - Tiens, moi aussi c’était un film d’Hitchcock, Les oiseaux qui m’a donné, je crois, la phobie des corbeaux. J’ai eu une de ces frousses.

    - Bambi, avec la terrible scène de l’incendie. Et aussi de belles images de nature et d’animaux. L’incendie m’a fait faire des cauchemars aussi.

    - Titanic. Quelle belle histoire d’amour !

    - La voleuse de livres. Je lis beaucoup. J’aimais bien la petite fille qui entrait discrètement dans la grande maison pour  regarder la bibliothèque. Quant j’étais petite, une vieille femme nous racontait des histoires. Nous étions trois ou quatre, et puis, il n’y avait plus que moi. On s’entendait bien.

                                    La Voleuse de livres : Affiche        Les 100 films qu'il faut avoir vus dans sa vie (A2N3 ...             Bambi : Affiche

    Sow est d’origine africaine, familière de la tradition orale. Les participantes sont de grandes élèves de classes de réinsertion scolaire et professionnelle. Leur professeur les a menées à mon atelier. Le programme prévoit des sorties cinéma régulières. Dernier film vu : Le brio. Une enseignante et une professionnelle de la santé (le cinéma guérit, c’est bien connu) complètent le public.

    La professeur de français exprime son souhait de mieux verbaliser ses impressions d’après film.

    « Je sais si j’ai aimé ou pas, mais quand il s’agit d’expliquer pourquoi, les mots ne sortent pas. J’aimerais avoir des outils pour analyser ou critiquer un film. » Cécile attache de l’importance à l’esthétique. Elle décrit précisément une scène de son film préféré

    Barry Lyndon, détaillant couleurs et  musique.   https://media.senscritique.com/media/000006656449/source_big/Barry_Lyndon.jpg

                                       D’autres soulignent le plaisir de regarder un film en famille ou avec des amis.

    - Et vous parlez du film ensuite ?

    - Parfois oui, parfois non. Cela dépend de l’humeur du jour.

    - Il faut quelqu’un à qui parler. Et on ne sait pas toujours dire quelque chose tout de suite.  

    - Nous, c’est obligé. On voit le film et on en parle forcément, cela fait partie du cours.

    Une élève affirme ne jamais aimer un film, détester le cinéma et la télé. Ses copines la charrient.

    - On te voit réagir pendant le film. Tu bouges, tu fais des commentaires. Souviens-toi, l’exécution par le Ku Klux Klan d’un noir t’avait choquée dans Mississipi Burning. Et tu as ri quand on a vu La couleur des sentiments (deux films sur le racisme aux États-Unis).

                                                                   La Couleur des sentiments : Affiche

    L’heure s’écoule très vite. Il n’y pas eu de temps mort. La parole a circulé aisément. Manifestement, le cinéma inspire les trois générations représentées. Les effets habituels d’un film sur l’organisme ont été évoqués : résonance avec l’histoire personnelle, identification à un personnage, empreinte d’une scène mémorable, remémoration de films aimés en écoutant les autres, l'évasion vers des mondes imaginaires ou inconnus… La matrice de la ciné-narration s’impose chaque fois que des spectateurs ont l’occasion de raconter ce qu’ils ont vécu au cinéma.

    La salle garde la cote pour regarder un film.

    - On est dans un état différent. Les lumières s’éteignent, l’image apparaît, il n’y a plus qu’elle et on plonge dedans.

    C’était à Bruxelles, le 23 février, une petite bulle ciné-narrative, sur fond de chahut de foire. Le brouhaha ambiant n’a nullement freiné l’enthousiasme de narratrices très concernées. MERCI !

     

     


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