• La Covid a bon dos

     

                                                    Une Valse dans les allées : Photo Franz Rogowski, Sandra Hüller

    Je continue à pointer les films à la télévision. Ce soir,  je me propose de regarder Une valse dans les allées, sur Arte, la chaîne du gai Savoir. Deux manutentionnaires d’un hypermarché dansent une relation amoureuse sur un tempo poétique et absurde. J'ai de bonnes sensations prémonitoires. Thomas Stuber n’a sorti qu’un long-métrage sur grand écran. Il enrichit la génération du nouveau cinéma allemand, qui navigue entre réalisme et onirisme. 

    Transit, vu en début de semaine (rediffusé le 4 décembre), toujours sur Arte, mêle les époques et les identités. Un homme endosse la vie d’un mort. Il suit un fantasme  incarné par la femme du défunt. Les fascistes occupent le port de Marseille. Un enfant cherche un père. Mon tout est un film étrange et hypnotique. Christian Petzold  compte déjà plusieurs fleurons à son actif, dont Barbara et Phoenix, toujours avec la troublante Nina Hoss.         

                                         Barbara : photo

    Je me souviens que fin 2019, Werke ohne Autor, j'ai qualifié de chef d’œuvre parmi mes films de l’année. La biographie du photopeintre Gerhard Richter était prétexte à retracer les turbulences d'une Allemagne écartelée entre nazisme et communisme. Ici encore,  une touche de fantastique côtoie le réalisme.

    Point de fioritures lorsque le cinéma allemand affronte les démons du passé. Le labyrinthe du silence, Fritz Bauer, un héros allemand et L'affaire Collini (jamais sorti en France) vont droit au but. Ils dénoncent le silence coupable d’une génération sur les exactions commises par les nazis. Ces reconstructions de l’Histoire retracent fidèlement  une chronologie de faits accablants.

    Six films qui me font apprécier ce cinéma à la fois austère et débridé, porté par d’excellentes actrices  telles Nina Hoss, Sandra Hüller (ce soir dans Une valse (2018) dans Toni Erdmann en 2016) ou Paula Beer (Transit et Frantz), sans oublier Franz Rogowski, le Joaquim Phoenix allemand.

    Le cinéma européen séduit par sa diversité. Jo Biden, président élu, a confié que son film préféré est un film britannique, Les chariots de feu. Il commente son choix : "C’est bien, Les Chariots de Feu, calme, tranquille, intelligent, empathique, tourné vers l’autre… Exactement, ce que j’attends des quatre  prochaines années".

    Le président tranquille me convient parfaitement, avec ses projets bons pour la planète. Son programme prévoit de financer l’installation de 500 millions de panneaux solaires, la construction d e 60.000 éoliennes. Biden  bloque également  les  nouveaux forages pétroliers.

                                          

     

    Le premier démocrate joue la transparence. Ce n’est pas le cas d’EDF qui crie au secours tant son endettement grossit (57 milliards d’euros en 2028, 42 milliards actuellement). L’État maintiendrait l’électricien hors de l’eau en finançant une bonne moitié de six nouveaux réacteurs EPR en France. Le dossier (47 milliards) progresse discrètement derrière le paravent opportun de la pandémie. Cette fuite en avant équivaut à jouer à la roulette russe tandis  que les chantiers de l’EPR de Flamanville, d’un réacteur finlandais et de deux réacteurs chinois cumulent les retards et explosent les budgets.Comble du comble, EDF obtiendrait de vendre son électricité à un prix garanti.

                                               Que faire avec les eaux contaminées de Fukushima ?

    Le Japon n'est pas en reste en matière de dissimulation. Il essaie de passer en force sur un dossier sensible : la liquidation des eaux radioactives de la catastrophe de Fukushima. L’opérateur et l’État nippon voulaient déverser les eaux toxiques dans l’Océan pacifique. C’est contraire au droit de l’environnement. Heureusement, une levée de boucliers citoyens (pêcheurs et associations de consommateurs)  a bloqué la manœuvre. Sinon, la mauvaise affaire était entendue dans l’indifférence internationale. Comme titre un article de Paul Lannoye à paraître dans le prochain Kairos : Nucléaire : le confinement de l’information a bien fonctionné pendant huit mois.

    Le cinéma tend l’oreille. L'été nucléaire vient d’être présenté au festival de Séville. Cinq amis vivent  coincés dans une ferme les premières 24 heures suivant un accident nucléaire. Un distributeur français a acheté le film. On peut quand les projecteurs recommenceront à ronronner.

     

     

     


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