• L'hypermarché de l'attention profonde

                                          

                                   Prochains ateliers Cinémouvance les 24 octobre et 14 novembre

     

    La longévité d’un film en salles dépend du nombre de spectateurs et aussi de sa facilité d’accès. Celle-ci dépend du nombre de salles et de copies tirées par films. Les grosses productions drainent un maximum de public les deux premières semaines grâce à une visibilité massive sur cent cinquante/deux cents copies, je parle de la France bien entendu. Les bons chiffres d’audience assurent son maintien en haut de l’affiche.

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    Un film a quinze jours ou quelques jours (pour les films Art et Essai) pour sa survie face aux hordes de nouveautés hebdomadaires. En octobre, une quarantaine de longs-métrages essaient de se tailler une place sur les écrans belges et français.L’inflation de films pousse les distributeurs à mettre le paquet et à saturer les écrans au détriment de la diversité culturelle et du cinéma moins commercial.

       

                                                              


    Florence Gastaud, déléguée générale de L'ARP (société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs), l'une des organisations professionnelles les plus influentes du cinéma français, estime pourtant que le nombre d’écrans est suffisant.


    «On a l'impression que les distributeurs se sont fait mettre aux pas par certains modes d'exploitation des films et qu'ils se disent- il y a quinze jours d'exposition, donc je bastonne pendant quinze jours- et en marketing aussi, ce qui fait exploser les coûts d'édition. Et ces films qui sortaient entre nonante et cent-vingt copies sont aujourd'hui à cent soixante/ cent quatre-vingts copies. On voit aujourd'hui des films d'auteurs sur vingt-cinq copies à Paris, ce qui est énorme. Évidemment, cela atomise les entrées, cela fait du mal aux films et on raisonne dans une rotation trop rapide.»


    Flot de films, flot de livres (3.000 publications par mois), flux d’informations, l’attention est devenue une ressource cruciale.
    « La nouvelle rareté ne serait plus du côté des biens matériels à produire, mais de l’attention nécessaire à les consommer», constate Yves Citton dans son remarquable essai Pour une écologie de l’attention. 

                                                                                                                          ... Age of Distraction: On Yves Citton's Pour Une Écologie de l'Attention


    La bataille de l’attention exige d’émettre des signaux assez puissants et de les cibler sur un public qui dispose encore d’un peu d’attention. La colonisation des écrans par les superproductions, les campagnes de promotion multimédias, (cross-média, buzz …) fabriquent les subjectivités désireuses de voir un film ou d’acheter un produit.


    1.2 million de spectateurs en première semaine, c’est plus impressionnant que cent mille. La perspective change si on considère le chiffre par copie. Le « petit film » » a un taux de fréquentation trois fois plus élevé que la grosse machine.
    Yves Citton note que l’attention prêtée à ce qui nous environne est « condamnée, au moins dans un premier temps, à suivre les voies frayées par les images et les discours qui circulent autour de nous et en nous.»

     

                                                                      pour un seul regard


    L’attention de masse attire l’attention. Regarder ensemble la même chose au même moment valorise ce qui est regardé ou désiré ; cette valorisation commune stimule la production de biens et d’information. L’attention disponible se réduisant comme peau de chagrin, les économies se concentrent sur la promotion et moins sur la production elle-même. Le produit est moins soigné au bénéfice d’un investissement dans la capture des attentions, soit « une production artificielle de la demande.»

                                                                             
    Être vu pour exister ( en chanson)

    nous n’existons que dans le regard de l’autre, au moins dans ce qu’il perçoit de nous.

    Mon livre a cinq mois. Il a disparu des tables de nouveautés en librairie, plusieurs libraires l’ont gardé en ouvrage de «fond». Je dois maintenant continuer à le faire vivre, à l’exposer. Et donc, ce soir, je donne une conférence sur Le cinéma, puissant moteur d’évolution personnelle.


                       Rien de tel que le contact direct pour que vivent la rencontre, les idées et la chaleur humaine.

     

     


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