• L'amour détourné du froid

     

     

     

     

     

     

                                                           Un jour si blanc : Photo Ingvar Eggert Sigurðsson

    Je suis parti un peu avant la fin. J’ai déjà failli quitter plus tôt.

    L’Islande est magnifique mais Un jour si blanc se déroule en vase clos d’une vengeance longue à éclater. Va-et-vient en voiture, intérieur en friche, brouillard épais. La nature réduite à son cadre élémentaire, vue à travers des vitres.  La petite-fille du vengeur retarde la déflagration; elle  est souvent avec son grand-père qui lui raconte des histoires horribles. Salka le craint et l’aime à la fois.

    Ingimundur sourit rarement. Son psy l’enquiquine. Il rumine sa frustration en bâtissant une maison pour sa fille. Sa femme est morte dans un accident de voiture. En triant les affaires de la défunte, il découvre une vidéo compromettante. Elle le trompait.

    Je n’ai éprouvé aucune empathie pour ce commissaire de police, ours très mal léché, obsédé par une règlement de comptes post-mortem. En outre, les jours se ressemblent, les gens sont maussades, personne ne s'enflamme. Cette balade nordique sue froideur et manque d’amour.

     

     Propos sur l'amour au cinéma

                                             Je préfère vous parler d’un livre friandise intitulé Propos sur l'amour au cinéma.

    Il est difficile de représenter les grands sentiments sur grand écran. Vincent Thabourey et Philippe Guedj esquissent une séduisante carte de l’amour cinématographique. Ils évoquent cinq films choisis pour la force de leur mise en scène. Je les cite : Sur la route de Madison, Vertigo, Mulholland Drive, Her, In the Mood for Love. Les avoir vus donne un sel supplémentaire à la lecture mais les papotages entre les deux conférenciers dessinent une belle carte de l'amour sur grand écran. Secret, empêchement, manipulation conjuguent l'amour selon la palette du cinéaste ; chaque film possède son alchimie.

                                                    Sur la route de Madison : Photo Clint Eastwood, Meryl Streep

                                                                 Sur la route de Madison


    Amour rime également avec haine, mort et corps. N'oublions pas que l'amour, c'est aussi la contemplation de la beauté (Meryl Streep, Kim Novak, Naomi Watts... la voix de Scarlett Johansson). La conception de l'amour évolue. Le couple de l'amour ancien -fidélité et attachement- le dispute à l'amour moderne - liberté et fugacité. L'amour bouleverse l'ordre établi, une situation déjà en place.
    Une fois analysé, le film réapparaît lors du développement des autres toiles retenues. Le  regard s'affine au fil de la réflexion déployée, ponctuée de questions d'auditeurs. La collection Papotages entre amis autour d'une œuvre est née en 2010 après une première conférence de l'association Écho-Arles. Le principe réside dans la confrontation de points de vue sur un même sujet en s'appuyant sur l'œuvre d'un ou plusieurs artistes.                                        

    J’ai dégusté avec gourmandise en fin de repas cet opuscule parsemé de références au cinéma, à la philosophie, à la psychanalyse. Léger et profond. Nous voyons bien ce que le cinéma nous montre et nous dit de cette expérience mystérieuse que constitue l'amour. Ce que ne montrait absolument pas le drame venu du pays des geysers, qui a fait jaillir en moi, ennui, agacement et révulsion.

                                       In the Mood for Love : Photo Maggie Cheung, Tony Leung Chiu Wai

                                                           In the Mood for Love

     

                                                   


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