• L'air de rien

        Music, please !

                                                              Affiche du film Des Fraises et du Sang  

    J'ai envie de prolonger le billet précédent. Un film m'a particulièrement marqué à la fin de l'adolescence. Des fraises et du sang  n’a jamais été diffusé à la télévision, ni édité en DVD. J'ai revu l’unique long-métrage de Stuart Hagmann en streaming sur Internet lorsque j'ai écrit mon livre. Je me surprends à siffloter régulièrement la mélodie de Our House, une des chansons du film. Le morceau de Crosby Stills and Nash ponctue automatiquement mes rêveries dans le train, le métro ou en rue. La ritournelle orpheline trotte dans ma tête. Je ne me souvenais plus des images qui collaient à la chanson. J’avais oublié Simon

      

    Des fraises et du sang                                      

                                                                                          et Linda,

    étudiants de première année, placés en vis-à-vis sur un carrousel, le sourire béat, tournoyant autour de leur idylle naissante, se suivant sans se rattraper.

    Quarante ans après, les paroles de «Our house» (Notre maison) ont capté mon attention. J’ai enfin lu le texte de l'air que je chantonne en boucle depuis toujours.

    « Je vais allumer le feu, tu disposes les fleurs dans le vase que tu as acheté aujourd'hui. Je regarde les flammes pendant des heures et des heures tandis que je t'écoute jouer tes chansons d'amour toute la nuit durant pour moi, pour moi seul.»


    Le texte reflète la nostalgie du couple que formaient mon père et ma mère. Les mots expriment le désir de rencontrer l’âme sœur pour compenser la désunion des parents. Cela m'est apparu comme une évidence en revoyant ce film introuvable depuis sa sortie en 1969.

    Edgar Morin attribue une présence affective à la musique de film décrite comme un catalogue d’états d’âme.

                                        Photographie de  Edgar Morin

    Le cinéma répond à des besoins que la vie pratique ne peut satisfaire. Selon le sociologue, le cinéma est la technique idéale de la satisfaction affective, structurée et déterminée par la participation affective du spectateur. Celui-ci a besoin de se fuir, de se perdre dans l’ailleurs, d’oublier ses limites. (1).

     

    Allez(comme on dit chez moi), un dernier pour la route,

    avec un je ne sais quoi dans l'air ensoleillé

    d'un bel été indien.


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