• Jamais trop tard

     

     

     

     

                                                                             Bande-annonce A l’heure des souvenirs

    Ce qu’on a été, ce qu’on est devenu. Entre les deux, la trotteuse a tourné, tourné au point de briser le mécanisme de la montre que Tony porte retournée au poignet. Il a pris cette habitude quand il était à l’université. À l'heure des souvenirs (2018, en VOD)) ruisselle de mélancolie amère. Ce sentiment mitigé envahit progressivement Tony lorsque le passé lui saute au visage à la suite d’un héritage mystérieux.

    Son premier amour, son grand ami et ses années à  la fac de lettres reviennent en pagaille ; ce sont les seuls souvenirs qui valent vraiment d’être exhumés en présence de Margaret, convoquée sur le champ. Son ex-femme, tombe des nues. Elle n’avait jamais entendu parler de Veronica la barjot, du brillant Adrian et d’une passion pour la photographie. Margaret comprend pourquoi Tony a ouvert une boutique de Leica sur le tard, en mémoire du  cadeau que Veronica lui a offert à dix-neuf ans.

     

                                                        A l’heure des souvenirs: Freya Mavor, Billy Howle

    La reconstitution orale de ce qui a été commence. Mais que sait-on encore de  ces années lointaines ? Qu’est-on prêt à dire, à taire, à inventer ? La mémoire est-elle fiable où sommes-nous tentés de réécrire l’histoire à notre avantage ? Tony avance à petits pas, lâche des bribes, retient l’essentiel. Il reprend contact avec ses compagnons de chambrée. Il découvre Internet et cherche Veronica. La vérité remonte lentement et avec elle, l’heure des bilans. Grincheux, asocial et égoïste, Tony n’est tolérant qu’avec lui-même. Le grand drame sentimental de sa jeunesse a figé ses émotions, l’a ancré dans une routine lui tenant lieu de structure. Sa fille qui attend un bébé toute seule et son ancienne épouse ne croient plus à une métamorphose de cet homme qu'elles croient connaître.

     

    A l’heure des souvenirs: Michelle Dockery, Jim Broadbent                       A l’heure des souvenirs: Harriet Walter, Jim Broadbent

    Le réalisateur de The Lunchbox réussit à capter l’esprit (et l'humour) du roman de Julian Barnes, Une fille, qui danse. Il maintient le suspense  jusqu’au bout, grâce à des flashbacks maîtrisés et l’interprétation sobre d’acteurs solides à défaut d’être très connus. Le personnage de Tony monopolise l’attention, en ce qu’il interpelle sur les postures que nous adoptons sciemment ou malgré nous. Les grandes émotions demeurent à l’arrière-plan, laissant l’espace à une réflexion sur la mémoire, le couple et les idéaux tenus ou délaissés. La rêverie continue longtemps après la dernière image. On a l’impression d’avoir  accompli un long voyage en peu de temps.

                                                 A l’heure des souvenirs: Charlotte Rampling, Jim Broadbent

    Bientôt la réouverture des salles. D’ici là, je continue à sonder ma dévédéthèque. Je décerne trois belles étoiles à L’heure des souvenirs.

     

     


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