• J'avais plusieurs rêves

     

     

    J’ai revu Gone Baby Gone avec la même émotion qu’en 2007. Ben Affleck dirige son frère dans un premier film magistral. Boston apparaît sous un jour inhabituel, banlieue ouvrière au seuil de la précarité, à cent lieues des quartiers huppés. Les frères ont vécu dans cette grande cité du Massachusetts, ils la connaissent comme leur poche. Les premières images, accompagnées d’un piano au timbre lourd, donnent immédiatement la température d’un quartier où tout le monde connaît tout le monde, agglomérat de petites et grandes misères, de vices et de travers, de fiertés et de dignités.

     

                                          Gone Baby Gone

    Le film, inspiré d’un polar de Dennis Lehane (trois fois adapté au cinéma), installe une tension permanente, tenue par d’excellents acteurs, dont Ed Harris, Amy Ryan et Morgan Freeman. Je ne me rappelais plus du rebondissement final.

    J’en suis à rechercher désespérément ???  de bonnes toiles à encadrer dans mon téléviseur. Ce soir, sur  France 3, Appaloosa, encore un premier film. Ed Harris remet le western classique à l’honneur en misant sur une distribution solide, lui-même,Viggo Mortensen et Jeremy Irons, entre autres.

    Ce sont d’anciens titres.Les chaînes télé puisent dans leurs réserves. On déniche quelques pépites à condition de scruter les programmes. Je m’informe aussi sur les sorties futures et sur les films plébiscités dans le monde. J’espère voir un jour Petite sœur, présenté à la dernière Berlinale.

     

    Stéphanie Chuat et Véronique Reymond  • Réalisatrices de Petite Soeur  Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, cinéastes

     

    Ici encore, des actrices remarquables : Nina Hoss, Marthe Keller, autour de Lars Eidinger, subliment une histoire classique ( gémellité, cancer, création). Les deux réalisatrices sont en lice pour les Prix du cinéma suisse. Avis aux distributeurs belges et français.

     

    Couverture de l'album Sur un air de Fado 

                                      Faute de grand écran, je m’installe dans les petites cases de grands romans graphiques. Je découvre le premier album solo de Nicolas Barral Sur un air de fado. Un médecin essaie de quitter les eaux vagues d’une existence grevée de compromissions et de démission. Le découpage graphique laisse de larges plages à l’imaginaire du lecteur. La mise en couleurs soignée varie selon les époques et les récits, un peu assourdie sur fond de dictature salazariste au Portugal en 1968. Je suis conquis et dépaysé dans mon sofa.

    Mais plus encore, le nouveau recueil des souvenirs de Chantal Thomas, me ramène loin, dans  ma propre mémoire. Des mots ciselés de sensations, de rencontres, de voyages, d’affection allègent la geste de remémoration. L'auteure septuagénaire ravive des moments de vie ensommeillés ; elle invite à sonder notre mémoire à la recherche du temps précieux de l’enfance, époque d'amusement avec trois fois rien. Des photos de famille, de voyage et des estampes émaillent ce très beau livre. Ces illustrations aiguillent des réminiscences personnelles.

     

                                                                 Photo de jeunesse : Chantal Thomas à 7 ans, dans la forêt d’Arcachon. 

    "Il y a une magie dans les phrases qui précèdent le sommeil. Elles sont comme déjà prises dans l’attraction du langage des rêves, alors que les derniers mots de notre lecture, qui sont aussi la formule de notre entrée dans la nuit, laissent passer mille sons inconnus." ( De sable et de neige, Ed.Mercure de France)

     

    Soyons convaincus que le virus ne tuera jamais la part de rêve enfouie en nous, qu’elle soit couchée sur papier ou projetée sur l’écran de nos émois.

     

     


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