• Intemporel

     

                                        

                                                      

     

    Ce splendide hôtel construit intégralement en bois, posé sur l'île Mackinac, dans le Michigan, m'a fasciné dès qu'il apparaît Quelque part dans le temps . En 1912 exactement. La vue sur le lac, l'immense salle à manger, les chapeaux à larges bords des dames fortunées, les calèches, j'avais changé d'époque, j'y étais. Une fois encore, la magie du cinéma a opéré, même à domicile, vers cinq heures et demie du matin. Oubliés, l'insomnie, le virus, la morosité, place à la vidéoportation.

    J'ignore ce qui m'a poussé à acheter ce film inconnu sur mes tablettes. Le titre, peut-être; la photo certainement; l'histoire à coup sûr. Un jeune auteur dramatique migre de 1980 à 1912 à la recherche de la femme perdue.

    Somewhere In Time  

                                                                         Le passage d'une époque à l'autre a lieu sans effets spéciaux, sur induction de la pensée (je retiens la méthode lorsque la Covid deviendra insupportable). Les images ruissellent d'un romantisme éperdu, parfaitement assumé par le couple glamour constitué de Jane Seymour et Christopher Reeve. Ces deux-là ont d'ailleurs vécu une idylle éphémère sur le tournage. Ils se quittèrent bons amis, Christopher devint même parrain d'un des enfants de Jane. C'est très drôle de voir l'ex Superman jouer les amoureux transis, affublé d'un couvre-chef ridicule. Lui et Jeannot Szwarc ont voulu casser leur image;  le réalisateur des Dents de la mer 2 voulait faire un beau film à petit budget.

    C'est ici que commence un film qui n'aurait jamais dû voir le jour. Universal détenait les droits d'un roman de Richard Matheson que personne ne voulait adapter. Le cinéaste français à gros succès s'en est emparé. Le studio a détesté le projet mais a laissé les coudées franches à celui qui avait rattrapé la suite des Dents de la mer. L'équipe a donc eu une paix royale. Revers de la médaille, les moyens étaient plus que limités.

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    Qu'importe, les vedettes et les techniciens ont accepté le minimum syndical, les pensionnaires de l'hôtel ont servi de figurants, ravis d'endosser des costumes d'époque, piqués à gauche et à droite. Les acteurs aidaient au démontage des décors. John Barry, ami de Jane Seymour, signe une bande originale magnifique, déclinée de Rachmaninov et sa célèbre Rhapsodie sur un thème de Paganini, Opus 43, andante cantabile. Ce morceau se reconnaît dès les premiers accords tandis que le titre nous échappe.

    Jeannot Szwarc, en fin de carrière, avoue que c'est son plus beau film. Il raconte ses souvenirs dans un bonus de trente minutes sur la copie DVD. La critique a été infecte à la sortie, le public n'a pas suivi dans un premier temps, puis le bouche à oreille a sauvé la mise. Les recettes ont doublé les coûts de production. Les cinq grosses semaines de tournage ont connu une météo magnifique, le plateau était sur un petit nuage. Magique !

     

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    Jane Seymour a toujours bon pied bon œil. Elle vient de tourner avec Robert De Niro à presque 70 ans. L'américaine francophile a toujours varié les genres, jusqu'à incarner une James Bond Girl dans Vivre et laisser mourir (1973), un de ses premiers rôles au cinéma avant de monopoliser l'attention sur le petit écran avec la série Docteur Quinn, vingt ans après. Un exemple de longévité à l'instar du mythe James Bond, né en 1962 auquel le magazine La septième obsession consacre un hors série d'anthologie. Encore une occasion de remonter le temps.

                                                    Il y a un début de flamme entre les personnages de Jane Seymour et Robert De Niro, qui a tout de suite mis à l'aise l'Anglaise. Isopix

    De cette vision à l'aube d'un film arraché au forceps, je retiens que la foi emporte les montagnes. Chacun a cru en cette romance fantastique, nimbée de pastel et de brumes légères du passé. Il suffit d'y croire... Croyons en des lendemains qui chantent et si le présent est désaccordé, voyageons dans le temps à bord de notre imaginaire décontaminé.

     

    P.S. Si vous aimez les romances fantastiques désynchronisées, je vous recommande Entre deux rives que je revois avec plaisir toutes les lunes, avec Keanu Reeves, Sandra Bullock (sobre) et aussi Christopher Plummer, également de la partie dans Quelque part dans le temps.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Somewhere in Time Poster


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