• Instantanés

                                                                         

                                                  Atelier Cinémouvance  le 16 avril : Internet, réseau dans tous ses états

     

     

    - Comment vous sentez-vous ?
    - Fatigué. Nerveux. Prête. Bien. Mieux.

    Le tour de salle inaugure la première séance du cycle de Ciné Gestalt sur le thème du «maintenant».

    L’ici et maintenant joue un rôle essentiel dans l’approche gestaltiste. Le gestalt-thérapeute s’intéresse à l’émergence et à la disparition des figures que nous donnons à notre vie, au présent, sans regard sur le passé, ni introspection réflexive. Une émotion, une action, un objet peuvent devenir une figure signifiante au moment où elle émerge. La Gestalt (forme, contour, figure en allemand) observe comment nous mettons en forme notre existence.

                                                                       Le Temps de l'aventure

    Au programme du jour, tenu secret jusqu’à la dernière seconde, Le temps de l'aventure, chronique d’un couple fortuit appelé à vivre une vie entière condensée sur une journée. L’introduction idéale à une réflexion-action sur la consistance du moment, de l’instant, de la temporalité.

    Le président de l'IBG, Philippe De Mey nous demande d’être attentifs aux temps très, très courts, concentrés d’une situation, d’une émotion, d’une action. Il cite Pascal :


    Le bonheur n’est jamais dans le présent.
    Puis Saint Augustin et sa théorie des trois présents : du passé, du présent et du futur. Le présent du passé, c'est la mémoire ; le présent de l'avenir, c'est l'attente ; le présent du présent, c'est la perception.

    Selon un canevas éprouvé, les participants ont l’occasion de dire leurs perceptions lors de courtes interruptions de la projection. La brièveté des coupures incite à dire l’essentiel de ce qui est là au moment présent, en soi et dans l’assistance. Les animateurs fluidifient les échanges ou les stimulent.

    Plusieurs spectatrices connaissent mal le français, elles concentrent donc leur attention sur les non-dits, le langage corporel, la musique.

    «Les images ne forment pas seulement les pensées, mais créent également des formes de ressentir et d’agir. (Théorie de l’acte d’image, Horst Bredekamp).

    Première coupure, premières réactions. L’homme intrigué par la femme qui le regarde ignore encore ce qu’il ressent «mais je pense qu’il va finir par dire quelque chose, il montre cela» dit-elle dans un français hésitant et  clairvoyant.

    Le Temps de l'aventure Reprise du film. Dialogue sur le trottoir après l’enterrement d’une amie chère au cœur de l’homme triste. La femme a rejoint impulsivement les funérailles d’une parfaite inconnue. Elle avait croisé l’homme au matin dans le train.

    Elle : Comment vous sentez-vous ?
    Lui : Je suis effondré et calme aussi. Que faites-vous ici ?
    Elle: Je ne sais pas trop moi-même.

    Plus tard, après une folle étreinte, il lui demande encore :
    - Pourquoi m’as-tu suivi ?
    - Je ne t’ai pas suivi, je t’ai trouvé.
    - Pourquoi ?
    - Parce que tu avais l’air triste. Et parce que j’en avais envie.

    Sur le trottoir, au lit, deux instants, «durées très courtes que la conscience saisit comme un tout.» (Petit Robert).
    Le temps leur est compté. Elle reprend le train au soir, il repart le lendemain en Angleterre, contexte propice à l’essentiel et au dévoilement. Le temps de l’aventure égrène les événements, les lieux, les moments, «espaces de temps limités relativement à une durée ».

                                    Le Temps de l'aventure

    Jérôme Bonnell alterne les ambiances singulières d’une audition pour un rôle, d’une dispute entre sœurs, de coups de fil dans le vide, de la fête de la musique, de l’engagement amoureux…Le réel ampute certes la rencontre de ce couple peut-être éphémère mais le duo du jour résiste. Lui et elle expulsent le réel, se lovent dans une bulle en suspension, espace-temps d’une réalité vécue ici et maintenant. La réalité étant le monde tel que nous le percevons au contraire du réel intangible (un tremblement de terre par ex.)


    Le générique final déroule dans un silence dense.
    - Comment c’est là, maintenant ?                                                 Le Temps de l'aventure
    - Triste. Songeur. Ému…

    On imagine des suites possibles au destin d’Alice et de Douglas autour du verre de l’amitié, on énonce ses interprétations. Chacun se refait son film. Une fois de plus, il y a autant de perceptions que de spectateurs. Les images captivent le regard et délivrent la parole. Passionnant comme toujours. Une belle soirée.


    «Nous ne possédons pas la durée, mais nous vivons l’instant, qui est le vrai mode d’être de la beauté".
                                                                                                                                             François Cheng

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :