• Incertitudes

     

     

    La source d'inspiration principale de ce blog est tarie depuis le 13 mars, date de ma dernière séance. C'était Hope Gap.

    Le cap de l'espoir, titre approprié au début de la fermeture des salles obscures. Le cinéma reprend des couleurs à la fin du mois, date à laquelle Cinémoitheque fêtera ses six ans. J'ai fermé à deux reprises, j'ai rouvert chaque fois, étonné du nombre de personnes, qui continuaient à feuilleter un recueil déserté. Mon inscription récente au réseau social littéraire Babelio a renouvelé et accru l'audience modeste mais constante de ce blog dédié aux impressions générées par l'art du mouvement, actuellement figé dans ses élans.

    N'empêche, même ces trois derniers mois, j'ai toujours pu développer un sujet, dans l'orbite de plus en plus large du cinéma, preneur de digressions au gré des préoccupations du moment. Aujourd'hui, je cale, je ne vois rien venir. Aucune sortie n'est encore programmée le mercredi 24 en France, la Belgique décide demain si le cinéma revit au cœur de la cité. Signe des temps, les sites de cinéma annoncent les éditions VOD de la semaine, et c'est tout. Les affiches de demain sont barrées du bandeau "date de sortie inconnue."

    Le 22 juillet, c'est quasiment certain,Tenet et Mulan, grosses productions qui ont remballé l'offre des plateformes de cinéma à la demande ou sur abonnement. Mulan (sortie prévue le 23 mars dernier) est un poulain Disney pour jeune public à partir de dix ans. Une précédente version, film d'animation de 1998, était abordable dès six ans, le dessin impressionne moins que l'image réelle.  Indiana Jones V est repoussé d'un an à juillet 2022 au lieu de l'année prochaine.Thor 4 et Fast and Furious 9 sont reportés respectivement à février et mars 2021.   

     

     

                 Mulan : Affiche         Tenet : Affiche          L'Infirmière : Affiche

    Les informations filtrent surtout sur les superproductions et les franchises, assurées de cartonner en temps voulus. L'avenir se dessine à long terme, le court terme hoquète face à l'incertitude des conditions d'exploitation et à l'attitude post pandémie du public. Personne ne pipe mot sur le cinéma d'auteur, sur les petits budgets; les petites salles suent à grosses gouttes. C'est l'angoissante incertitude de l'après Covid, commune à l'ensemble de la société.

    L'optimisme consiste à différencier l'incertitude du doute, comme le fait Jean-Marie Robine.

    "L'incertitude, c'est le caractère de ce qui n'est pas connu à l'avance, qui ne peut faire l'objet de conjectures et qui reste donc ouvert, quand le doute représente une hésitation à prendre parti, une interrogation sur la réalité d'un fait, sur la vérité d'un jugement ou d'une action. Le doute peut ronger l'expérience vécue quand l'incertitude peut ouvrir la situation."

    Le doute mine, l'incertitude crée. La clé réside peut-être dans l'acceptation de l'inconfort d'un futur imprévisible, le degré d'acceptation variant selon les revenus et la situation sociale. Quelle histoire à venir je me raconte à la lumière du passé ? L'avenir dépend de la façon dont j'imagine l'existence après les "événements", de la tonalité que confère cette représentation à ma façon de vivre au présent.

    Nous sommes tous amenés à tourner dans un film d'anticipation à la date de sortie indéterminée.

    Que l'esprit accompagne la vie charmante que vous souhaitez. 

     

     

     

     

     


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