• Il fait toujours beau quelque part

     

                                         Les Enfants du temps : Photo

     

    Nous étions les rares spectateurs âgés, un couple ami et nous, immergé dans un public amateur de mangas, ayant adopté Les enfants du temps, nouveau film d’animation de Makoto Shinkai, dont j'avais vu Your Name y a trois ans.C’était le premier contact de nos amis avec l’imaginaire dessiné japonais. Ils ont apprécié la qualité du graphisme, souligné la faiblesse du scénario, mais globalement, nous étions d’accord pour louer le travail considérable sur une mise en images merveilleuse. Le trait est à la fois réaliste dans les détails, lumineux dans les cieux azur profonds et les éclaircies radieuses, poétique dans des gouttes de pluie qui explosent en micro-geysers sur les trottoirs inondés.

     

               Les Enfants du temps : Photo

                                                                                                    Il pleut énormément à Tokyo, parfois plusieurs jours d’affilée. Ces déluges compliquent la vie. L’organisateur d’une brocante trépigne, un père ne peut voir sa fille asthmatique sensible à la pluie, une noce est compromise. Les écrans géants dans les rues piquetées de parapluies multicolores affichent une météo maussade en permanence.

     

                  Le temps influence l’humeur du jour. Le soleil matinal apporte l’énergie, la pluie déprime le tonus.

                                            Les Enfants du temps : Photo

    Hodaka n’en a cure. L’adolescent fugueur a rencontré l’âme sœur, une fille-soleil. Hina a le pouvoir de convoquer l'astre radieuxl, de percer la masse nuageuse, en joignant les mains dans une prière muette, reliée au ciel.Cette faculté prodigieuse permet de tirer un feu d’artifice somptueux, corolles évanescentes dans la semi-pénombre des lumières de la ville.

    Hina, sous l’impulsion de son nouvel ami, monnaye son pouvoir. Même ceux qui ne croient pas à l’existence des prêtresses du temps la sollicitent, au risque d'épuiser le filon rayonnant. Hina se vide littéralement de sa substance, arrive à un point de non retour. Elle doit décider si elle se sacrifie pour extraire Tokyo de la noyade, comme la légende le prescrit. Sauver la planète ou vivre l’amour que lui propose Hodaka.

                                                 Les Enfants du temps : Photo

    Quel sens à donner à l’existence ? Comment survivre au dérèglement climatique ? Dans un pays secoué par les tremblements de terre et par la catastrophe de Fukushima, ces questions flottent dans l’air pollué. La jeune génération a son sort en mains. Elle peut renier le credo de la croissance infinie, synonyme de destruction de l’espèce humaine, châtié par une planète refusant d’être surexploitée. Nous contemplons Tokyo sous les eaux, Venise asiatique, malgré elle. Et je me prends à imaginer la vie ici les pieds dans l’eau.Ou la mer du Nord qui sort de son lit.

    Nous n’avons pas évoqué la fable écologique que Makoto Shinkai esquisse en toile de fond. Nous n’avons retenu que la beauté du dessin et les envolées de la complice du soleil au-delà des nuages champignon.

     

    De cette terre qui sait

    Un éclair jaillira

    Dans le soir naissant    

    (Sôseki)

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