• Honneur? Mon oeil,Votre Honneur

     

     

     

    Quelle drôle d’idée d’aller voir Le traître la veille de Noël. Tu n’aurais pas préféré une bonne petite comédie romantique, genre Notre Dame ?

     

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    Je réponds à mon double dans ce dialogue imaginaire. J’ai vu Notre Dame sur la foi des critiques unanimes, à part celle du chroniqueur de la RTBf. J’aurais mieux fait de suivre l’avis du vilain petit canard. Ma dame à moi m'a sonné les cloches."Tu vas voir de bons films seul et avec moi un navet". Aïe, aïe! Plantage, ratage, dommage. J’étais furax. Les occasions de rire au cinéma sont rares, les gâcher me met en boule. Notre Dame cumule les mauvaises étoiles. Poussif, creux et dénué d’intrigue. Si vous voulez rire, regardez la bande-annonce, vous aurez tout ri.

    Donc vite,

    un grand film pour effacer une grande déception;

    parce qu’aussi, je voulais compléter le quatuor des vieux engagés : Ken, Costa, Roman et Marco;

    troisième raison, j’avais été envoûté par Fais de beaux rêves, vu il y trois ans presque jour pour jour. Marco Bellocchio suivait son personnage sur une trentaine d’années. Cette fois, le doyen du cinéma italien découpe vingt ans d’histoire tumultueuse de la lutte contre la mafia -pardon de la Cosa Nostra- famille où on naît criminel jusqu'à la fin de ses jours ou pas, comme Tommaso Buscetta, renie son serment d'allégeance, en étant le premier danseur du ballet des repentis en 1984.

                                                         Le Traître : Photo Pierfrancesco Favino

     

    "Je ne suis pas un repenti, je ne suis pas une balance, je suis un homme d'honneur. Je suis fidèle à la  Cosa Nostra, celle d'avant, pas celle d'aujourd'hui qui bafoue ses valeurs."

    Déclaration du soldat de base à sa première comparution au méga procès de la mafia, fin de parcours pour 366 fifres et sous-fifres. Tommaso a refusé de monter en grade, il a préfèré sa liberté et les femmes à l'ivresse du pouvoir. Ivresse qui saisit les Corleone, pionniers du trafic d'héroïne,, vertige de l'argent facile aussi, orsqu'ils palpent des montagnes de fric et commencent à exterminer les rivaux habituels et les nouveaux.Ils tuent femmes, enfants et juges, trois cibles intouchables chez la Cosa Nostra ancien modèle. "Ils n'arrêteront jamais" à moins qu'un des leurs renâcle au péril de sa vie.

    Buscetta se confie, se confesse au juge Falcone,un vrai homme d'honneur celui-là, prêt à mourir au service de l'État.Tommasso lâche les vannes, il se sent écouté, compris Le magistrat intègre gagne sa confiance. Buscetta parle,il n'a peur de rien, la mort l'indiffère.

    "Qui sera de nous deux sera tué le premier", demande Buscetta, lors de passionnants face-à-face.

                                                  Le Traître : Photo Pierfrancesco Favino

    Les cris de ses ex-collègues encagés au procès, véritables bêtes féroces, le laissent de marbre. Les audiences tiennent du cirque, de la Commedia dell'arte; les prévenus mentent comme des arracheurs de dents. Écœurant! Bellochio démonte les rouages de la mafia, chronomètre les exécutions à la chaîne et essaie de percer le mystère d'un mafioso devenu un mythe à abattre. La troisième femme de Buscetta bénéficie toujours du statut de témoin protégé (depuis 1985). Son mari est mort comme il le souhaitait.

    Les deux heures trente de projection ne paraissent jamais longues sous la baguette du cinéaste octogénaire, rompu aux combats politiques.Il dresse un portrait accablant de la pieuvre sicilienne, réduit l'humain à une boule d'instincts bestiaux.Terrifiant... et fascinant. Repentis ou ou pas, toujours avoir à l'esprit que ce sont de belles crapules, incapables d'entendre le message du jour:  . 

                                                       Paix aux hommes de bonne volonté.

                                                                       Joyeux Noël                                   

                                          


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