• Histoires en cascade

                                                                              

    Première mondiale hier d’un atelier de ciné-thérapie. Sept pionniers ont osé plonger dans une expérience inédite. Ce fut un beau voyage amorcé par Les enfants du silence.

    « C’est gai de commencer la journée en regardant un film.»

     

    Un couple se trouve en faisant un pas vers l’autre. Sarah est sourde et muette. John entend bien la faire parler. Sarah se rebiffe, John renonce à la faire parler. Sarah revient vers lui, toute colère et amertume apaisées. Entrer dans le monde de l’autre et accéder à soi-même. Changer de point de vue amène le changement. (Ce film figure parmi les 27 récits interprétés dans un ouvrage à paraître fin avril).

    Long silence à la fin du générique. Et puis, chacun raconte le film qu’il a vu, ce qui donne 7 versions différentes.

    « Cette diversité est incroyable. Il y a des choses que je n’avais pas vues, auxquelles je n’aurais jamais pensé."

     

    Les récits multiples mettent en mouvement, ouvre de nouvelles interprétations. L’histoire personnelle se mêle rapidement à la fiction.

    «L’imaginaire que nous créons révèle toujours un part de nous-mêmes.»

     

    Les récits sont teintés de vibrations intimes, éveillées par ce qui a été vu et stimulées par l’écoute des versions originales énoncées par les narrateurs.

    L’effet rebond est plus tangible encore lorsqu’il est demandé de raconter une situation, une rencontre où un pas a été fait vers l’autre, où une croyance a été mise de côté.

    Le récit de son voisin déclenche le souvenir d’une huitième histoire chez une participante. Une histoire heureuse dans laquelle elle puise constamment de l’énergie. Elle avait déjà sélectionné 7 récits possibles, mais le huitième a pris le dessus sous l’effet de la narration de son voisin.Une participante se souvient à son tour d’un événement anodin qui a marqué un tournant dans sa vie.  Ensuite, le carrousel n’a cessé de tourner. Des histoires enfouies ont ressurgi à la surprise générale.


    Nous sommes des histoires sans fin, notre moi est la somme de nos histoires, expériences vécues auxquelles on a donné un sens déterminant, une cohérence qui fonde notre identité. Par confort, nous racontons toujours les mêmes histoires pour parler de nous. Nous avons nos histoires identitaires préférées. Nous oublions la plupart des histoires qui sommeillent en nous.

    Nouvelle consigne pour sortir de la routine : écrivez le synopsis d’un film. Pensez temporalité, budget, acteurs, décor, lieux, musique, genre. Titre imposé : Sur l’autre rive. La proposition a donné lieu à sept films passionnants, imagés, personnels.

    Je buvais du petit lait. Ma certitude intime des effets thérapeutiques du cinéma était validée publiquement. Le cinéma est un réservoir inépuisable d’histoires alternatives. Le monde entrevu à l’écran ouvre un autre monde en nous. Le cinéma est stimulant, soutenant, interpellant. Les images animées font bouger.

     «A la fin de cette journée, je me sens relancée et je sens que cela va faire changer des choses en moi, tout doucement, sans brusquer comme si de rien n'était. Sans avoir l'air d'y toucher, par l'image, la parole, le partage. Cela nous touche, nous met, re-met en mouvement et c'est bon."

     

    Je suis heureux. Merci à mes partenaires d’un jour. Bienvenue aux nouveaux. Prochain atelier le 6 février. 

    Au programme,        

    film choral autour des usages et mésusages des technologies de  l’information.

    Les ateliers sont limités à huit participants de façon à donner du temps à la parole de tous.

    Et si c'était le début d’une fabuleuse histoire…

     

     


  • Commentaires

    1
    Soyeur Emmanuelle
    Samedi 24 Janvier 2015 à 13:54

     

    Bonjour Patrice !

     

     

     

    Je pense que vous avez du revivre toi et le groupe la suite de l'atelier cinéthérapie !?!!

     

    Comme j'aurais aimé être des vôtres mais, aujourd'hui j'étais en formation plus « sérieuse » en rapport avec ma recherche future d'emploi.

     

     

     

    Je viens seulement te remercier pour ton mail, (compte-rendu à mes yeux de ce que tu as bien voulu nous partager de ton ressenti de la première journée d'atelier).

     

    Oui, « seulement maintenant » car,

     

    - j'attendais cet atelier depuis un certain temps aussi et, ai été à l'affut quelquefois de ce qui pouvait se vivre avec le cinéma (en effet peut-être plus encore que le théâtre...quoi que...).Je pense qu'il doit déjà exister certains livres sur des recueils de ciné-réflexions etc...ce qui m'attire aussi beaucoup !

     

    - j'ai du laisser descendre en moi et le vécu qu'a suscité le fait de revoir ce film, ET l'atelier...

     

    - Je dois t'avouer que voici SEULEMENT maintenant que j'ai fini de mettre mes notes en ordre de cet atelier que je vis mieux encore tout ce que nous avons pu vivre grâce et avec toi ET le groupe.

     

    Laisses-moi donc te redire maintenant avec recul, que je savoure encore, et comprends tb que tu bois du petit lait !

     

    Encore Merci !!

     

    - Cet atelier m'a beaucoup plus et je pense que le film (ou le choix du film) y est vraiment pour beaucoup...je ne sais évidemment pas te dire comment je l'aurais vécu avec un autre film d'où mon désir /regret de n'avoir pas pu participer aujourd'hui mais, ce n'est rien, j'attends la sortie de ton livre avec impatience pour me laisser guider !!

     

    - j'ai eu 'occasion de vivre un autre atelier de développement personnel où ils employaient plusieurs extraits de film pour mieux illustrer leurs dire, je t'assure que c'était très percutant aussi !

     

    - Ici, j'ai été frappée par une remarque qu'à fait un membre du groupe,j'essaie de me souvenir...

     

    C'était au niveau de  La colère :quelqu'un a dit : «  il l'entend sans y entrer,en la respectant et...ça permettra à Sarah de mettre des mots sur ces motivations. »

     

    Il ne rentre pas dedans, il prend du recul... Il y a un phénomène de respect de la colère et un désamorçage par l'humour

     

    Je vous demande à toi et Martine,Est-ce bien juste ?? 

     

    Est-ce qu'il ne rentre pas dans la colère quand il essaie à plusieurs reprise de la faire parler ?...y compris dans leurs moments les plus intime !!?

     

    - Quand il la provoquera par l'invitation au resto où le menu est en Italien (!!) où elle devra être dépendante de lui pour la traduction ET lors de la soirée pocker ; ne veut-il pas faire évoluer Sarah à SA façon ? Peut-elle être et rester elle même et personne d'autre !??

     

    je reste avec cette interrogation et n'ai pas osé la soumettre au groupe...qu'en pensez-vous toi et Martine ?? pouvez-vous m'éclairer encore !

     

    Merci de me dire, de m'éclairer !

     

     

     

    Sinon, je pense Patrice que tu « vibres » fort avec le cinéma et, à mon sens tu n'es pas le seul !

     

    J'aurais aimé que TU nous partage plus encore TA façon de voir les choses, ton vécu avec le cinéma, ton chemin, TES interpellations aussi...mais peut-être qu'il faudra que j'attende ton livre pour le découvrir ??!...J'avoue que j'en suis fort impatiente de découvrir tout ton cheminement qui, à mon sens va bien plus au-delà de ce que nous avons pu vivre dans l'atelier même si j'en étais vraiment ravie et, qu'il me touche encore maintenant...pour TOUT SES POSSIBLES !

     

    Merci de nous avoir donné l'occasion d'écrire un autre récit, de chercher à voir les choses différemment, de sortir de « notre » récit initial, d'oser le changement, l'adaptation...là est ma plus grosse difficulté du moment qui, en plus relie le film:comment rester soi-même ??

     

     

     

    Petite suggestion...tu en avais demandé si on en avait, tu t'en souviens ?? Moi oui, ...OSERAIS-JE

     

    te le dire ??

     

    En fait, je pense que ce genre de discussion après film pourrait se vivre dans une démarche cordiale, de partage, d'échanges possible et ouvert, dans une dynamique qui pourrait voir le jour « au naturel » dans une salle de pas perdu ou dans un réseau d'échange comme ça existe déjà où en toute amitié plutôt qu'en atelier où, sur une journée on reste avec un goût de plaisir, on boit du petit lait mais « on » (comprends JE) reste aussi sur ma faim tant j'en veux encore et encore et où, (tu m'excuseras ?? je trouvais le prix fort fort cher!).

     

    Enfin, je termine en osant te demander si c'est possible de recevoir le compte rendu aussi de votre dernier atelier auquel je n'ai pu participer ? Ça me ferrait tellement plaisir !! D'avance, Merci !

     

     

    Emmanuelle

    2
    Samedi 24 Janvier 2015 à 15:39

    Merci Emmanuelle pour cet ample commentaire. Je répondrai sur certains points dans un courriel personnel.

    Dans l'immédiat, je trouve ton idée de partage après un film très séduisante. Je pense que c'est possible mais ne sera pas de nature à apaiser ta soif d'échanges. En outre, il faut fluidifier les prises de parole, rencontrer des attentes différentes. C'est tenable si tout le monde s'entend et s'écoute.

    Les ateliers que j'organise ont vocation thérapeutique. C'est différent d'un échange informel d'après film. L'idéal est d'articuler le travail psychologique sur plusieurs ateliers. A ce jour, je n'ai encore animé qu'un seule session. La suivante, le 6 février, sera plus centrée sur les identifications ou projections suscitées par les nombreux protagonistes de Disconnect. 

    80 euros est certes une somme (ramenée à 70 si participation aux  4 ateliers parties du cycle communication). Mais elle est raisonnable  au regard d'autres ateliers d'un jour. Je ne perçois que la moitié des "recettes", l'autre allant à la Maison de l'écologie qui loue la salle et assure la promotion.

    Mais je conçois que pour un petit budget, c'est un investissement important... à la mesure de tes attentes. A toi de savoir, si tu en as eu pour ton argent, si cela t' apporté quelque chose de durable. A te lire, cela semble être le cas.

    A bientôt j'espère dans un forum ou en atelier.

     

     

    3
    madmich
    Vendredi 6 Mars 2015 à 19:27

    Vraiment, je suis agréablement surprise par ta prestation que je trouve très intéressante concernant ce premier atelier. Je pense que tu as tout à fait raison de ne pas multiplier les participants car il est fondamental que chacun ait son espace de parole. De même qu'il est important de conserver le cadre de ton travail afin de ne pas le galvauder.

    C'est un peu comme si tu étais un metteur en scène et avec chaque intervenant tu changes d'angle de prise de vue, donc on ne voit plus la même chose. Je comprends mieux ce que tu as mis en place. As-tu quelques connaissances psychanalytiques ou te laisses-tu guider par ton intuition ?

    4
    Samedi 7 Mars 2015 à 08:04

    Intuitions et connaissances psychanalytiques acquises en suivant des séminaires et par lectures. Le cinéma image l'inconscient.

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