• Gosses tristes, adultes précoces

     

     

     Petit Pays : Affiche

    Quatre ans déjà que j’ai lu Petit pays, offert par mon fils. J’avais beaucoup aimé ce premier roman du rappeur Éric Faye. J’ai donc longuement hésité à voir l’adaptation au cinéma, j’avais peur d’être déçu, notamment par Jean-Paul Rouve. Quand je lis un livre, je mets souvent un visage sur les personnages de papier, leur donnant chair et âme. Le comédien français  me paraissait mal choisi pour le rôle du père. Mais je ne me souvenais plus du paternel dans le roman. J’avais surtout retenu des ambiances et  le passage progressif de l’insouciance de l’enfance aux affres de la guerre ethnique. 

    Mes craintes étaient fondées. C’était mission impossible, même si Gabriel Faye a adoubé la transposition de son roman sensible sur en images. Les péripéties du livre sont concentrées sur deux heures, ce qui a provoqué un choc émotionnel chez Gabriel, très ému à la projection du film. La condensation du livre enlève beaucoup de la poésie et de la tendresse qui nimbait  le récit de l'adulte, se souvenant des moments heureux de son enfance. La  séparation des parents et les conflits au Burundi et au Rwanda (1992 à 1995) ont explosé l’innocence de Gabriel et Ana, sa petite sœur.

     

                                            Petit Pays : Photo

    La réalisation réduit le spectateur à un observateur distant des drames qui se nouent dans le pays et chez les êtres. L’enchaînement soutenu des séquences (comme s’il fallait reproduire le roman entier) ne laisse le temps, ni d’installer les personnages, ni  les situations. Dommage et prévisible, car illustrer l’horreur d’un génocide dépasse l’entendement. Petit Pays est à regarder comme l’ esquisse d’un pan de l’histoire africaine longtemps mis sous le boisseau international. La piqûre de rappel, même mal faite, produit son effet. J’ai envie de reprendre le livre, lauréat de nombreux prix, dont celui du Goncourt des lycéens. Envie également d’écouter le rap de Gabriel, exorcisation de tourments infligés au paradis perdu des premières années de la vie.

     

     

    P.S.  Hope Gap  est présenté comme un nouveau film. Ce le sera pour la France le 21 janvier prochain (au lieu de juillet dernier), sous le titre Goodbye. Il était sorti en Belgique juste avant le confinement. Je vous renvoie à ce que j’écrivais le 13 mars. Bonne idée de donner une seconde chance à ce film réussi sur la faillite d’un couple, arbitrée par le fils malgré lui.

                                              Goodbye : Affiche               

     


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