• Go Biden, Go !

     

    En gagnant la Pennsylvanie, le président élu a déclassé cet article. Un grand état dépouille plus vite qu'un petit. La nature a son rythme lent. Reste un moment vécu dans la fièvre du jeudi matin. Je rebaptise donc le titre : Go Nevada, Go ! en ...

     

    Le suspense continue, mieux qu’un polar, plus chaud que Le deuxième souffle. Le nom du 46ième président des États-Unis repose sur les cimes du Nevada (six grands électeurs).

    Tout un symbole. Cet état de l’Ouest, grand en superficie (sept fois la Belgique), pauvre en population, compte 28 réserves indiennes. C’est une région de lacs et d’altitude, désertique, à l’inverse de la Pennsylvanie (20 grands électeurs), état du gaz de schiste, sur  la ceinture de la rouille, longtemps pivot dans cette course à la présidence.

                                                      Landscape Photography of Rock Formation Near Highway

    La nature sauvage, juste colonisée à Las Vegas et Reno, a le dernier mot sur l’industrie lourde. Bravo à CNN qui avait émis très tôt l’hypothèse  de l’inutilité de gagner la Pennsylvanie si Biden emportait le Michigan, le Wisconsin et le Nevada.

    Levé aux aurores,hier, j’ai pris une douche froide en voyant Trump camper sur ses positions, puis j’ai repris espoir et maintenant  j’attends le dénouement final après avoir veillé tard. J’ai multiplié les sources d’information  (CNN, New York Times, Courrier International, Le Monde, et un site de science politique qu’un ami m’a communiqué par Skype, Il a interrompu sa balade à vélo le long du Rhône pour établir une brève connexion  avec son pote. Nous avons devisé sur le drame en gestation.

    Autopsie d'un meurtre (1959), revu hier, augure des batailles juridiques futures menées par le président sortant contre les résultats en sa défaveur. Une élection présidentielle s’est déjà jouée sur un recomptage des voix, obtenu par voie judiciaire. Le film est très bavard, il caricature la justice mais se laisse regarder grâce à ses acteurs, James Stewart et Lee Remick en tête.

     

                                                Autopsie d'un meurtre : Photo

    L’Amérique, avec son système électoral remontant à la naissance du pays (1792), continue à fasciner. Les 50 états ont chacun leur code électoral.  Certains acceptent les votes par correspondance plusieurs jours après l’élection, pourvu qu’ils soient postés le jour du scrutin. En Pennsylvanie, les voix sont totalisées jusqu’au 14 novembre… Ce continent composite est insaisissable.

     

     

                                             J’ai appris beaucoup sur l’appareil d’état outre Atlantique en lisant les Mémoires vives d’Edward Snowden.  Le lanceur d’alerte a travaillé à la CIA et à la NSA avant de dénoncer les abus de l’agence  de sécurité nationale. Il vit en exil sous la menace d’une peine de prison colossale s’il rentre dans son cher pays. Lorsqu’il était jeune, Snowden était un patriote convaincu. Il s’est même engagé à l’armée après les attentats du 11 septembre. Réformé,  il postule dans les agences de renseignements. Il découvre un monde insoupçonné.

    "Quand j'y ai débarqué, l'honneur du service public s'était effacé devant la cupidité du secteur privé, et le pacte sacré du soldat, de l'officier ou du fonctionnaire avait cédé la place au marché malsain de l'homo contractus, une espèce que l'on retrouvait à tous les étages de l'État 2.0. Cette créature, loin d'être un fonctionnaire assermenté, était un travailleur temporaire dont le sentiment patriotique était motivé par le salaire, et pour qui le gouvernement fédéral représentait moins l'autorité suprême que le plus gros client."

    L’État sous-traite des activités secret défense à une constellation d’entreprises privées, vivier d’informaticiens géniaux, réfractaires au service public. Les budgets sont illimités pour mettre en place un système de surveillance de masse en traquant la moindre parcelle de vie privée des citoyens partout sur les cinq continents. L’entreprise est anti-démocratique, de même que la collusion entre renseignement et industrie numérique :

     "Dans les deux cas, on avait affaire à un pouvoir non élu et fermement enraciné qui se flattait de maintenir un secret absolu sur ce qu’il fabriquait."

     

    Snowden a travaillé sept ans pour le gouvernement avant de dénoncer ces dérives totalitaires à quelques journalistes, documents officiels à l’appui. Il rompait ainsi la clause de confidentialité et devenait de facto un traître à la nation.

    La mainmise de l’espionnage intérieur sur les agissements de la population est monnaie courante aux States depuis le 9/11. Mais heureusement, les cerbères ne s’immiscent pas encore dans l’isoloir. L’issue d’une élection présidentielle porte toujours son lot d’impondérables, même si les réseaux sociaux essaient de noyauter les votes.

    L’attente du verdict final donne l’occasion de revoir quelques uns des nombreux films consacrés à l’hôte de la Maison-Blanche. Les présidents américains apparaissent souvent au cinéma. Abraham Lincoln compte 130 apparitions devançant largement George Washington (70, un des pères fondateur) et Ulysses S.Grant (47, guerre de sécession). Obama a déjà 22 étoiles à son actif.

    Mes préférés :

    Le président et Miss Wade

    Président d'un jour (Comédies)

     

     

    Les marches du pouvoir

    Primary Colors (Clause de conscience)

     

    Les hommes du président (Journalisme et Watergate)  

     

                                            White House Down : Photo

    White House Down (La Maison-Blanche est reconstruite au centimètre près, le président est noir, l'industrie de l'arment épinglée)

    Et sur le lanceur d'alerte, l'excellent  Snowden

     

    Yes We cure. (Oui, nous guérissons). La course à la Maison-Blanche a terrassé la Covid dans les médias. La clé de la santé serait donc de changer de sujet.

     

     


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