• Fragilités

     

     

                                                          Les Estivants : Affiche

    J’ai quitté Les estivants avant la fin des vacances. Tant les valets que les maîtres de la villa perdent la boussole.

    « Chacun vit sa vie ici, personne ne parle à personne. Je suis invisible.»

    Les femmes sont larguées, les hommes sont pusillanimes, l’enfant adopté est tellement mûr pour son âge. Mon épouse s’endort comme souvent quand le film ne la capte pas.

    - Viens, on s’en va, dis-je. Je m’ennuie, ce n’est pas intéressant.

    - Attends encore un peu.

    Nous regardons Pierre Arditi serrer de près Noémie Lvovsky dans la piscine. Elle a une belle poitrine, il a une fameuse brioche. Elle est venue aider la patronne à terminer le scénario de son quatrième long-métrage autobiographique, recalé à la commission d’avance sur recettes, parce qu’un peu fragile. (La mère de Valeria Bruni Tedeschi joue dans les trois films de sa fille sur leur tribu).

    La coscénariste marmonne : « je ne voulais pas être ici. Je n’aime pas ma vie.» Je n’aimerai plus la mienne si je reste encore.

     

                                            Les Estivants : Photo Valeria Bruni Tedeschi

    - Bon, c’est bon, cette fois, on s’en va.

    En sortant, nous échangeons quelques mots avec une personne sortie d’une autre salle. Elle était ravie d’avoir vu Green Book.

    - Et vous qu’avez-vous vu ?

    - Les estivants. Nous sommes partis avant la fin. Trop grinçant pour moi.

    - Je suis d’accord avec vous, mais moi, je suis restée.

    Dans le hall d’entrée, des amis souriants confirment les qualités de Green Book, l’histoire d’une belle amitié. La  grande salle était pleine.

    - Il faut absolument voir Edmond, insiste ma compagne.

    Promis, mais tout de suite, La Mule avec un ami fervent de cinéma américain. Le grand Clint déçoit rarement. Rien de mieux qu’une valeur sûre pour effacer une séance ratée. La thérapie familiale sur grand écran, c’est casse-gueule

     

    Je situe en tête de peloton l’impact négatif de nos vécus carencés,  de nos failles personnelles sur les limites des compétences parentales que nous développons (S’engager aux côtés des familles, Claude Seron, p.75).

     

     

     

     


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