• Fonte des neiges

     

    Mon fils m’avait montré la bande-annonce sur sa tablette la semaine précédant la sortie du Bonhomme de neige. Appétissant !

                                                                Le bonhomme de neige de Tomas Alfredson - Cine974

    La lecture de la fiche technique a encore renforcé l’envie : Martin Scorsese en co-producteur, Michael Fassbender dans la peau de l’inspecteur Larry Hole, Rebecca Ferguson (Premier contact , La fille du train), un tournage éprouvant sur les cimes norvégiennes…

    J’avais lu aussi quelques-unes des onze enquêtes du flic borderline créé par Jo Nesbø en 1997. Larry Hole m’avait séduit, personnage écorché vif, luttant contre une culpabilité pathologique et l’alcool anesthésique. Son interprète le décrit parfaitement.

    "Harry est un solitaire, il se moque de ce que les autres pensent de lui. Il est obsessif, d’où sa faiblesse pour l’alcool. Mais il boit pour exorciser les horreurs auxquelles il est confronté dans son travail. On sait qu’il est responsable de la mort d’un collègue alors qu’il conduisait en état d’ébriété. Il traîne cette culpabilité avec lui. C’est de là qu’il tire aussi son inclination pour la boisson : il boit pour oublier et s’autodétruire. Il est très vulnérable."

                                                         Pourquoi Le Bonhomme de Neige est un film raté | News ...

    Bref, j’étais partant dès la sortie ce 15 novembre. Patatras ! La critique unanime exécute Tomas Alfredson, tant en Belgique qu’en France où le film ne sort que le 29 novembre, retardé de deux mois.

    Que faire ? Surtout que Numéro une m’attire également. Vous n’allez pas le croire, j’ai postposé mon rendez-vous avec la chef d’une multinationale et j’ai pris un billet pour la Scandinavie, décidé à trancher moi-même sur la qualité de la neige du bonhomme, adaptation du septième volet des enquêtes de Larry Hole, volume qui a placé l’auteur norvégien sur orbite internationale. Comprenne qui pourra ! Les voies du spectateur mordu de polars psychologiques sont impénétrables. Je me rassure en me disant que les programmeurs du Caméo se trompent rarement. Je revois la bande-annonce, mes bonnes sensations sont confirmées. La longueur inhabituelle (2’25’’) aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Et si c’était un montage habile des meilleurs moments du film ?

    J’ai la réponse à ma question après un premier quart d’heure prometteur axé sur un drame et sur la dégaine d’Harry quasiment au fond du trou, passant ses nuits sur un banc ou sur le canapé de la brigade criminelle. Ce gars-là est en train de revenir dans le monde des vivants.

    Être équilibré, c’est pouvoir être déséquilibré sans tomber. (Pascal Chabot, Exister, résister, p.189).

    Le Bonhomme de neige : Photos et affiches - AlloCiné Le lecteur de Nesbø appréciera un soupçon d’ambiance conforme aux livres. Grosse différence, les séquences sont un peu trop éclairées. C'est joli mais ça déforce la tension qui se dissipe très vite. Place à la traque d’un tueur en série, à une intrigue secondaire portée vaillamment par l’adjointe d’Harry, la seule à densifier son personnage. Le montage alterné respecte la trame des romans, mais finit par agacer à l’écran. Les indices menant au tueur, disséminés dans un monceau de pages, apparaissent ici grossièrement au spectateur.

    Je serai moins sévère que les critiques professionnels qui attendaient énormément de cette affiche d’enfer. Je dirais qu'une mise en scène paresseuse a déteint sur les acteurs. Ce bonhomme de neige pâlot ternit la bonne réputation des polars venus du froid. J’ai demandé  à voir le jeu; j’ai vu et j’ai perdu. Félicitations au monteur de la bande-annonce.

     

     

     

     


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