• Femmes et toiles

     

                                                                 Atelier Cinémouvance le 24 octobre             

     

    Il émane de Sicario une violence inouïe et sourde. Une séquence m’a littéralement retourné l’estomac. L’homme est un loup pour l’homme dans la guerre entre forces musclées de l’ordre et narco-cartels sanguinaires. Je n’aimerais pas vivre à Juarez, cité otage de trafiquants terroristes.

     

    Sicario : Photo Emily Blunt


    Kate ne sera jamais une louve. La jeune agent du FBI défend des valeurs qui n’ont plus cours dans la zone de non droit frontalière du Mexique et des États-Unis. Elle est censée servir de caution aux opérations commandos menées illégalement, seule façon, semble-t-il, d’éradiquer la gangrène criminelle..


    Denis Villeneuve signe un film conforme à son style hyperréaliste qu’il surligne du début à la fin. Il en met plein la vue et lasse après une demi-heure. Tant de maestria pour dire quoi ? L’excellent cinéaste étale son talent et ça se voit trop. La forme prime sur la caractérisation des personnages et le contexte de la lutte anti-drogue. Je regrette aussi le rôle de maillon faible dévolu à une femme dans ce combat déshumanisé. L’étau se referme sur Kate au nom de l’efficacité hors-la-loi contre des crapules inhumaines. Qu'elle soit une femme facilite la validation extrême de l'adage, oeil pour oeil, dent pour dent (sorti les 7 et 14 octobre en France et en Belgique).
    La figure de Kate, vulnérable et sensible,  change du profil en vogue sur grand écran, de femmes fortes, triomphant de mâles bêtes, méchants ou gentils. Je pense notamment à Maya,

    Zero Dark Thirty : Photo Jessica Chastain

    traqueuse impitoyable de Ben Laden dans Zero Dark Thirty.

     

     

    A armes égales : Photo Demi Moore, Ridley Scott Il y a aussi Jordan, première femme à subir la matrice mâle de l’entraînement des Navy Seals.

    Dernièrement, la commandant de borde la navette Arès,Seul sur Mars Seul sur Mars - Photos Ciné Premiere.fr dirige brillamment une mission de sauvetage entre Mars et la terre.


    Mon admiration n’a d’égale que mon agacement en présence de femmes masculinisées qui étouffent leur féminité afin de surpasser l’homme sur son terrain. Les femmes en perdition conviennent mieux à mon ADN de chevalier sauveur, surtout si elles élèvent seules leurs enfants, posture découlant de mon adolescence.


    Des femmes encore dans Belles familles, comédie timide ou retour dans le passé familial (sur les écrans le 14 octobre), le dilemme déconcerte. Les portes claquent, les pneus crissent, la caméra voltige et le scénario patine. Deux dames voisines de fauteuils, ont passé un bon moment. « On s’est détendu, c’est déjà pas mal. »  A mes côtés (de l'autre), mon épouse est mitigée, ma belle-mère a bien aimé, « même si ça bougeait trop».


    Quatre femmes conventionnelles de vingt-cinq à cinquante-cinq ans traversent un récit voulu échevelé.


    Louise, jeune et frondeuse,  Belles familles : Photo Marine Vacth


    Suzanne matriarche dominatrice,Belles familles : Photo André Dussollier, Nicole Garcia


    Florence deuxième compagne veuve et désargentée,  Belles familles : Photo Karin Viard, Mathieu Amalric


    Chen-Lin, icône asiatique, faible femmes d’affaires Gemma Chan


    J’allais oublier la plus marrante de la bande, Fabienne, clerc de notaire toujours amoureuse de son copain de collège.Claude Perron


    Florence, Suzanne et Fabienne vivent seules. Louise vit avec un homme qui pourrait presqu’ être son père. Chen-Lin est fiancée, mais allez savoir avec les hommes…


    J’affine : Suzanne a un fils très aimant ; Florence tient à la maison de son deuxième amour, Chen-Lin apprécie le piano, Fabienne ne craint pas le ridicule, Louise a la colonne fragile.

    Ce quintet classique reflète l’univers d’un cinéaste de quatre vingt-trois ans. Entre classicisme et super femmes, je préfère la

    détermination sensible de Karen Blixen, In 1985 , Out of Africa won seven Oscar's including Best Picture dans Out Of Africa,

    ou les ouvrières de Daggenham, contestatrices de l’ordre établi. We Want Sex Equality : Photo Andrea Riseborough, Jaime Winstone, Nigel Cole, Sally Hawkins

     

                              Révoltées elles sont, femmes elles restent, elles n’en sont que plus belles.


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