• Époustouflant

     

                                      Une « colonia » de Brownsville

     

    Le cinéma puise allègrement ses sujets dans la littérature et la vie réelle. 80% des films sont inspirés de romans, d'événements historiques ou de faits divers singuliers.

    L'indigence des sorties estivales me donne le temps de lire. Un dossier sur les secrets de famille me pousse à acheter L'empreinte d' Alexandria Marzano-Lesnevich. Le mélange des genres m'attire : autobiographie, investigation et mystère. J'ai avalé les deux cents premières pages d'une traite.

     

    L'Empreinte par Marzano-Lesnevich

    Maintenant, je freine. Parce que l'auteur raconte sobrement des drames personnels enfouis sous le sceau du silence bien-pensant. Il me faut le temps de digérer ces horreurs. Je veux éviter de céder à la facilité de vouloir connaître le dénouement dans les plus brefs délais alors que l'enquête d'Alexandria, alors étudiante en droit, porte sur une trentaine d'années Sa  vie et celle de Ricky, meurtrier pédophile, s'entrelacent dans un va-et-vient limpide.

    J'ai rarement lu une narration aussi puissante, pudique et maîtrisée, repoussant le mélo au bénéfice d'une évocation entre les lignes d'émotions et de souffrances contenues. L'Amérique profonde, celle des laissés pour compte, suinte à toutes les pages. Les failles d'une famille bien sous tous rapports affleurent en écho au destin d'un être voué à la violence et au rejet.

    Le crime, Les conséquences, Le procès, trois parties, trois jalons qui transportent le lecteur de l'indignation à la perplexité. La vérité est fuyante, jamais aussi claire que le récit brut d'un forfait la laisse apparaître.

     

    Alexandria surmonte un passé douloureux. Elle essaie de comprendre l'acte ignoble d'un homme incapable de juguler les pulsions mortifères qui le submergent. Le droit est incapable de jauger le handicap social et psychologique des justiciables.

    L'empreinte, aux mains d'un(e) cinéaste inspiré, donnerait un film passionnant. La transposition sur grand écran serait également une aide précieuse aux victimes d'abuseurs sexuels. Le défi sera de respecter la fluidité de style du livre et la lucidité d'une auteure capable de se distancier de ses tourments et des préjugés à l'égard de l'innommable.

     


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