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    J’ai vu le film d’ouverture du prochain Festival de Cannes. Une consigne impérative (embargo) m’interdit de parler La tête haute avant le 13 mai, début de la course à la Palme d’or. Nul film de la sélection officielle ne peut être critiqué, ni distribué avant sa projection sur la Croisette.

                                           

                        Je laisse donc la parole à Thierry Frémaux, délégué général du festival :


    « Le choix de ce film pourra paraître surprenant au regard des codes généralement appliqués à l’Ouverture. C’est évidemment le reflet de notre volonté de voir le Festival commencer avec une œuvre différente, forte et émouvante. Le film d’Emmanuelle Bercot dit des choses importantes sur la société d’aujourd’hui, dans la tradition d’un cinéma moderne, pleinement engagé sur les questions sociales et dont le caractère universel en fait une œuvre idéale pour le public mondial qui sera au rendez-vous à Cannes."


    Après une ouverture sociale, Cannes clôture sur une note écologique, avec le documentaire de Luc Jacquet sur le réchauffement climatique. Le Festival se veut en prise directe avec le plus grand enjeu de ce siècle, « en écho et en soutien aux combats de ceux qui sonnent l’alarme depuis longtemps Programmer un tel film, c’est l’envoyer dans le futur, et c’est se donner rendez-vous pour que réussisse la Conférence Climat qui se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.»

     

                                         Festival de Cannes


    Luc Jacquet n’en revient pas. «Je suis heureux et impressionné, un peu comme le joueur de fifre des contes qui est reçu au palais. Montrer ce film dans le plus grand festival de cinéma au monde, c’est contribuer à ce défi gigantesque que doit relever au plus vite l’humanité pour pérenniser son avenir et celui de la planète. Mon langage, c’est le cinéma. En d’autres temps, j’aurais fait d’autres films. Mais je fais du cinéma d’acharnement, du cinéma politique, du cinéma qui n’a pas le choix.»


    Diego Martinez Vignatti appartient à la lignée des cinéastes politiques, une espèce rare qui doit se frayer un chemin dans les circuits peureux de la distribution cinématographique. La Tierra Roja ne sort qu’en Belgique (6 mai). Ce film engagé, tourné dans la forêt tropicale, à la frontière de l’Argentine et du Brésil, aborde frontalement les ravages de la déforestation,                       l’empoisonnement de la population locale à cent lieues de la civilisation. Il place les choix de conscience au cœur d’un bûcheron industriel aveugle aux dégâts causés à la nature et à l’homme. Geert aime son travail, la liberté au bout du monde. La papeterie paye bien la matière première de la pâte à papier. Il n’a aucun état d’âme à propos d’une activité juteuse jusqu’au jour où il est à son tour intoxiqué par les insecticides répandus sur la forêt.


    Etabli en Belgique, le réalisateur reste proche de ses racines. Après la vibrante Cantante de tango, il livre un éclairage brut sur les conditions épouvantables de production de biens que nous achetons ici sans nous trop nous soucier de la provenance de ce qui nous est proposé à vil prix, comme un banal l’essuie-tout. Ou encore les T-Shirts à 3 euros. A voir comme un documentaire ou un réel plus poignant que la fiction. Bravo à Paradiso qui prend le risque de distribuer ce film coup de poing.

    En fin de journée, me revient en mémoire Altiplano, Altiplano inédit en France, dénonçant lui aussi un empoisonnement des indigènes dû à une exploitation éhontée d'une mine péruvienne. Les deux réalisateurs vivent en Belgique, comme Vignatti et sa compagne.

    Un autre distributeur mérite les honneurs. Liberation film dispose d’un catalogue de plusieurs centaines de titres, fictions et documentaires, traitant des réalités sociales au Nord et au Sud. L’association sans but lucratif sort Adios Carmen, dont j’ai déjà parlé le 5 octobre dernier. Comme Vignatti, Mohamed Amin Benamraoui se souvient de ses racines. Ces deux cinéastes en exil de leurs origines ont trouvé dans le cinéma des clés (de style différent) pour comprendre le monde. Ils ont la chance de voir leurs œuvres diffusées dans le grand public. Adios Carmen

     

    Encore un film non distribué en France, 

    Atlantic.             Atlantic. : Photo

    Fettah rêve de nouveaux rivages. Sa planche à voile l'emmène au-delà de l'horizon.Osmose totale avec l'océan.

                                                              "Si tu te sens seul, pense que tu voles." 

                                 La mer lave tout. Mourir ou choisir son tomb-eau. Atlantic est hypnotique, mystique, épique.


                                                  C'est la semaine idéale pour goûter un cinéma venu d’ailleurs.

                                    Atlantic. : Photo

     

    P.S. Dark Places sort en Belgique après la France ( 8avril). Un thriller qui repose sur Charlize Theron , à défaut d’une mise en scène absente après le premier quart d’heure. Hélas, Charlize garde sa casquette vissée sur le crâne, sa lippe boudeuse

    et son genre " revenue de tout et plus", du premier au presque dernier plan. Dark Places : Affiche Ces places sombres sombrent dans                                                                                                             l’ennui et l’invraisemblable.

     

     

     

    Un premier atelier bruxellois de ciné-thérapie aura lieu le 16 mai sur le thème de la maternité  

         Deuxième atelier fraternel le 23 mai prochain.

     


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