• En direct d'Aix-en Provence

     

     

    Je vous écris depuis Aix-en Provence où je termine ma formation de thérapeute narratif. J'ai pris connaissance du palmarès du FIFF dont je vous ai parlé le 5 octobre et le 18 septembre. Je m'étais concentré sur les premières œuvres qui n'entraient pas vraiment en lice pour les Bayards. De nombreux autres prix ont été décernés. Le prix du Jury junior a retenu mon attention. Paul à Québec a recueilli les suffrages de 12-14 ans. Voilà un choix qui fait chaud au cœur, un fil serein sur la famille et sur la fin de vie, sur la transmission de génération en génération, adapté d'une bande dessinée très populaire au Québec. J'en ai parlé le 5 octobre, les leins sont désormais insérés dans un texte rédigé samedi sur un coin de table, dans le brouhaha, lors d'une pause dans ma journée d'apprentissage. Tempête, Bayard d'or de la compétition officielle évoque également les liens familiaux. La famille  a toujours la cote, comme le confirment de nombreux sondages sur les valeurs.

    La famille socle qu'il faut quitter un jour pour voler de ses propres ailes. Marie-Angèle (nom d'emprunt) a le désir bien ancré de quitter le bercail à dix-huit ans pour embrasser la carrière d'actrice de cinéma. Je la rencontre sur le temps de midi, sa mère a lu mon livre et à suggéré à sa fille de me voir pour que je lui décrive le milieu du cinéma. Il y a dans sa famille une tradition du diplôme, synonyme de sérieux. Marie-Angèle n'en a cure, elle a le feu sacré depuis l'école primaire. Elle apprend déjà le métier avec un réalisateur connu; un agent bien établi sur la place l'a encouragée à suivre sa vocation. Ce qui la retient encore (un peu), c'est de chagriner son père qui a peur qu'elle se brûle les ailes. Famille, famille, quand tu nous tiens.

    Ce fut une conversation agréable, qui n'avait rien de thérapeutique, au contraire de celles que nous mettons en situation au cours des trois dernières journées de formation aux thérapies narratives. Cette approche dont j'ai déjà parlé précédemment (j'insérerai les liens à mon retour) est puissante comme le cinéma. Elle permet de déconstruire un problème, un souci existentiel et d'ensuite construire une identité narrative fondée sur des intentions, rêves et espoirs enfouis dans une histoire dominante saturée. Le but est d'épaissir notre identité tissée de récits et des relations sociales, identité influencée par un discours dominant et par l'image- la représentation- que nous avons l'habitude de donner de nous-mêmes.

                     Montagne Sainte-Victoire, pays d'Aix

    La conversation thérapeutique repêche les histoires alternatives vécues, celles où nous avons été synchrones avec nos valeurs et nos intentions. Ces moments d'exception à l'histoire principale, reliés entre eux, tracent une ligne de vie alternative, originale qui souvent coupe notre quotidien sans que nous n'y prêtions grande attention, habitués à nous raconter la même histoire sur nous-même, pour l'autre et avec l'autre. Des récits animés émergent, remettent du mouvement dans la vie et déracinent des croyances solidement ancrées sur nous, nos relations et le monde.

    Dans les mises en situation, nous sommes tour à tour patient et thérapeute. Une conversation dure environ une heure, un passionnant voyage dans le temps, les événements et les situations amenés dans une conversation à bâtons rompus, toujours dans une perspective thérapeutique.

    Les ateliers Cinémouvance sont adossés aux thérapies narratives. Nous regardons un film, nous écoutons les récits du film vu ensemble, différents chez chaque participant. Et s'il est possible de raconter le même film dans différentes versions, il est possible  aussi de raconter, de remonter différemment le cours de sa vie et de se projeter dans le futur avec l'intention de dresser une carte originale de son existence. Le glissement par rebonds narratifs du film aux récits du film au film de sa vie se fait naturellement, doucement et par surprise.

    Prochains ateliers les 24 octobre et 14 novembre 2015, respectivement sur l'estime de soi et le deuil. De belles journées en perspective en écho aux cinq premières expériences concluantes depuis janvier. Et cette fois, avec un praticien des thérapies narratives certifié ce soir. 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

       


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