• En désespoir de cause

     

     

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    Ils dansent sur la piste étriquée d’une boîte de nuit à Nazareth. La musique est orientale, mâtinée de sons synthés. L’espace minuscule contraint les corps à piétiner sur place. Toutefois, les bras montent vers le ciel, ponctuent un refrain joyeux entonné avec entrain.

    « Oui, il y aura un État palestinien, c’est une certitude, annonce un tireur de tarot new-yorkais, seulement ce ne sera ni de mon vivant, ni du vôtre. »

    Que fait-on en attendant le paradis promis ? Des films. Ou du moins, Elie Suleiman essaye-t-il, rembarré à Paris et à New York. Son scénario n’est pas assez palestinien, l’histoire pourrait se dérouler n’importe où.

    C’est vrai que la mondialisation présente un visage identique partout. Les petits commerces baissent les volets, les forces de l’ordre sont omniprésentes. Les hommes bleus  poursuivent un ange et les amoureux, mesurent des terrasses de café au centimètre près. « Oui, c’est conforme.» Se conformer à l’anonymat, aux démonstrations de puissance publique, aux intrusions du voisin dans son verger ou aux luttes de territoire pour occuper une chaise de jardin au Palais Royal.

                                          It Must Be Heaven : Photo

    Le cinéaste observe impavide ; il conjugue le burlesque à l’absurde, ose la poésie dans une chambre d’hôtel envahie par un moineau. Ôte-toi de mon clavier. Pas si simple. Encore et toujours la difficulté de cohabiter…L’humour constitue une arme redoutable pour diluer la tension. Elie Suleiman la manie avec délicatesse. Son jeu tient de Buster Keaton, sa mise en gags s’inspire de Jacques Tati. Il noie son désespoir dans une errance résignée, jamais triste, toujours tendre (soyez attentifs aux arrière-plans).                                          

    Les films palestiniens produits et distribués chez nous se comptent sur les doigts de la main. J’essaie de les voir dès leur apparition sur les écrans.

    Je me souviens de : 

    * Noce en Galilée de Michel Kleifi en 1987. Les peuples ennemis se rapprochent le temps de la fête,  

    * Paradise Now  (2005) et Omar (2013), sur fond d’impasse terroriste.

    * Récemment Le chanteur de Gaza (2017), inspiré d’un fait réel.

    Un ami me souffle L'insulte, écrit à quatre mains de croyances différentes, sur la coexistence complexe entre Chrétiens libanais et Palestiniens en exil au Liban.

                                             Nazareth

                                                              Nazareth         

    * Une bouteille à la mer (2010) et Le fils de l'autre (2012) envisagent un rapprochement possible entre deux inconciliables. Ces films ont été tournés avec des équipes mixtes, par des cinéastes français, d’origine juive. On parlait arabe, hébreu, anglais, français sur les plateaux.  

    L’art favorise la communication entre les peuples. À défaut de paix, essayer encore et toujours de cultiver un terrain d’entente, souvent loin des territoires occupés, tels comme l’orchestre œcuménique, West-Eastern Divan Orchestra ou le prochain festival de Toulouse consacré au cinéma palestinien.

                           Ces initiatives entretiennent l’espoir ténu d’une conciliation entre antagonistes immémoriaux.

                                               It Must Be Heaven : Photo Elia Suleiman

     

     

     


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