• En chant-ble

     

     

    J'ai vu ma première nouveauté hors salle,The Singing Club.

    Les films qui nous plaisent résonnent souvent avec notre histoire affective. Une chorale, des épouses de soldats envoyés en Afghanistan, un choc traumatique, voilà qui titille ma curiosité en ce début 2021. De plus, le film est inspiré de faits réels. Les Military Wives Choirs sont aujourd'hui 75, disséminées dans différentes bases britanniques.

     

                                

    Lorsque les hommes sont au front, il est obligé d'occuper leurs compagnes, enclines à déprimer, dans la crainte de la mort au combat. Les femmes d'un colonel et d'un sergent-chef prennent les choses en mains. L'une collet monté, l'autre olé-olé, le duo tangue au départ, ayant des conceptions très divergentes des loisirs créatifs, de la vie, du chant.

    La musique adoucit les mœurs. La partition commune naît du frottement, de l'émotion, de l'envie. Les femmes chantantes décident d'exprimer ce qu'elles ressentent aux yeux du monde. Elles sortent du silence résigné. Les paroles de leur chanson sont tirées de la correspondance avec leurs maris. exilés.Wherever You Are, chantée en première au Royal Albert Hall, sera un tube vendu à 550.000 exemplaires. Le chant de l'être sublime les peurs, rapproche les différences et anime le corps. J'ai marché à fond, au pas de ces compagnes courageuses et dignes.

     

                                                 The Singing Club - Photo 4

    Cette belle histoire vraie effleure les états d'âme fluctuants de ces femmes livrées à elles-mêmes et à leur progéniture. Le cinéma permet d'identifier ou de projeter les tourments de l'âme et de l'esprit. De nombreux réalisateurs ont abordé névroses et psychoses de l'existence. Dépression, bipolarité, schizophrénie, traumatisme hantent le cinéma.

    Un livre récent sélectionne les films qui illustrent les grandes "pathologies" en vogue sur grand écran. Son auteur est psychiatre et cofondateur de la chaîne en ligne Psylab. Christophe Debien convoque Rambo, Hannibal Lecter (Le silence des agneaux), John Nash (Un homme d'exception),  Carrie Mathison (Série Homeland), Tony Soprano sous les traits du trouble mental. En bon pédagogue, l'auteur s'appuie sur Nos héros sont malades pour dresser la carte de visite des grands désordres psychiques. Il observe aussi le degré de véracité des symptômes représentés en faits et gestes.

     

    Nos héros sont malades - humensciences - 9782379311802 - Le livre bien documenté,vulgarise la psychiatrie, agrémenté des dessins de Ben Fligans,

    qui retourne à son encre violette et noire des scènes de films et de séries célèbres. Le docteur évite le jargon ; il part du précepte qu'un grain de folie sommeille en chacun de nous.

    Ainsi ai-je appris la notion de psychopathe pro-social. Alors qu'il étudiait le fonctionnement cérébral des psychopathes, un chercheur a découvert que son propre cerveau fonctionnait de la même manière et que tous deux présentaient des caractéristiques neurobiologiques et génétiques communes. Tueur en série et dirigeant d'entreprise, par ex.,  partageraient la séduction, la manipulation, le sang froid...

    Une vaste enquête en Grande-Bretagne a montré que certaines professions sont plus riches en psychopathes que d'autres (cfr tableau comparatif p.152). Il apparaît donc que "les termes sociopathe et psychopathe ne sont pas des diagnostics mais des descriptions d'un mode de fonctionnement qui n'est pas toujours problématique." Ouf ! Aïe ! Au choix. Une certitude, nous sommes des psychonautes potentiels. 

     

                                                                         

    L'ouvrage mixe texte continu, vignettes récapitulatives, suggestions de films et de séries illustrant la pathologie. Il y a plusieurs renvois aussi aux vidéos explicatives de Psylab. Christophe Debien s'emploie à dédramatiser la maladie mentale. La violence est l’exception, contrairement à ce qui est figuré au cinéma. Les personnes atteintes sont plus souvent victimes que bourreaux.

    Les facteurs qui majorent de très loin le risque de violence  sont des problématiques addictives (abus ou dépendance à l’alcool et autres substances). L’isolement social semble aussi être un facteur important de passage à l’acte. Isolement social qui découle bien souvent de la stigmatisation liée à l’amalgame entre violence et psychiatrie.

    Rassurons-nous en citant l'auteur de science-fiction, Phlip K.Dick : la folie est parfois la meilleure façon de s'adapter à la réalité.

                                                              Soyons fous en 2021 ! 

     

     

     

     

     

     

     

     


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