• Du bon Lolo pour les "psys"

     

     

          Je lui donnerais des claques, sa mère lui donne des câlins.

    Lolo a dix-neuf ans, solidement cordonné à sa mère célibataire. Il la veut à lui exclusivement. Il combat systématiquement les mâles qui gravitent autour de sa «maman» ou pire, s’installent dans le nid si douillet à deux.Lolo discrédite les prétendants, il échafaude des plans machiavéliques assez drôles ou franchement détestables. Violette n’y voit que du feu, son «petit» étant l’innocence emballée dans un affectueux sourire.

                                                     


    Mais voilà, Jean-René fait de la résistance. Cet informaticien divorcé voue un amour inconditionnel au grand amour de Lolo. Ni le poil à gratter (quel gamin !), ni les tranquillisants, ni un virus dans un logiciel vital pour Jean-René, n’ont raison de sa fougue amoureuse.
    Pourtant, Lolo a beau jeu. Le Roméo de sa mère, provincial, un peu beauf et naïf jure dans le Paris branché de la mode, l’univers de Violette.

    Julie Delpy signe une comédie aigre-amère (depuis le 28.10 sur les écrans)

    pas vraiment marrante, pas vraiment grinçante. J’ai souri, rarement ri, à l’image de la salle comble de la première séance du jour. Peut-être parce que le malaise naît de diverses situations : conversations crues et vulgaires entre amies sur le sexe, mépris snob à l’égard des provinciaux, cruauté impunie d’un fils sous l’emprise d’un Œdipe monstrueux.Le gamin est narcissique, pervers et méchant, remarquablement endossé par Vincent Lacoste. Sa composition et le jeu en retrait de Dany Boon constituent le principal intérêt d’un film conçu comme une suite de sketches inégaux.


    Si j’explore à fond ma réceptivité mitigée à l’égard de caractères pris au premier degré, je dois admettre que les relations mère-fils demeurent un sujet sensible chez moi. De plus, les traitements destructeurs infligés au gentil Jean-René ont excité mon rejet de l’injustice. Lolo, imbus de lui-même, hypocrite et despote m’a tapé sur les nerfs. Je n’ai eu aucune empathie pour lui. Je n’ai pas pensé un instant qu’un enfant « collé à sa mère, sans cesse demandeur, exigeant et tyrannique est un enfant en état de besoin.» (Enfant abusé, enfant médusé, de Suzanne B. Robert Ouvray, Desclée de Brouwer p.101).


    Il n’est pas attaché (au sens attachement), c’est pour cela qu’il a si peur de quitter sa mère. Évidemment, l’absence de père et l’attitude protectrice et conciliante de la mère envers son pré-adulte encourage la dérive quasi pathologique du fiston. Certaines mères, «ont besoin de l’amour inconditionnel de leur petit, analogie de l’amour sans faille d’une bonne mère. (p.104).


    Il manque (rait) à ces mères un fond de sécurité interne, l’amour et la présence prolongée de leur enfant à la maison « leur donne au-dehors ce qu’elles n’ont pas au-dedans.» Ces mères repoussent la facette mauvaise mère, qui protège en fixant des limites structurantes, quitte à contrarier son petit chéri. D’où le rôle crucial du père, celui de tourner l’enfant vers le monde extérieur, de permettre la dé-fusion du couple originel, qui autorisera l’enfant à s’attacher à d’autres personnes.


    Merci Lolo de me donner le prétexte de citer le livre précieux d’une auteure, d'abord kinésithérapeute-psychomotricienne de formation, puis psychothérapeute d’enfants.  Elle décrit et souligne l’importance des sensations corporelles dans le développement du petit bout.

    Enfant abusé, enfant médusé - Suzanne b. Robert-ouvray Je recommande la lecture de son livre à tous les parents et grands-parents, notamment

    la page 110, sur la différence entre doudou et tétine. Le premier (mouchoir de papa, foulard de maman, essuie…) est un objet de réassurance, non pas de la présence de l’absent, mais des capacités d’exister sans la présence d’autrui. Quant à la tétine, c’est un bouche-trou, pas un objet transitionnel.

    Suzanne B.Robert Ouvray est claire.
    «La tétine, cloue-le-bec-des-bébés (et enfants en bas-âge) empêche les enfants d’exprimer leur colère, leur rage, leur épouvante face aux tensions angoissantes liés aux frustrations.»

    Allez Lolo, il est encore temps d’apprendre la frustration.

     

                                                  Atelier de ciné-thérapie le 14 novembre        


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