• Doublé

     

     

    Du grave au léger, du dégoût à la détente.

    Vu l’un après l’autre, Grâce à Dieu et Mon inconnue.

    Cinéma documenté puis comédie romantique.

    J’inverse la chronologie. 

    La joie d'abord.

     

    Mon inconnue : Affiche

    Et si j’étais calé dans une réalité rétrécie? D’auteur à succès à professeur de lettres génial, démarié d’une pianiste virtuose. Un ami formidable (quel tandem!) croit à son passage dans un espace temps remanié. Reconquête de la belle ou retour au passé rompu. Reconstituer l’amour foudroyé par la routine.

                                                    Mon inconnue : Photo Benjamin Lavernhe, François Civil

    Le réalisateur adresse plusieurs messages au générique final qui défile trop vite. Je capte une phrase à peu près dans ces termes pour que nous puissions continuer à faire du cinéma et avoir une vie de famille.

    Concilier carrière et famille, un dilemme éculé ici joliment emballé. De vraies séquences comiques et de belles envolées sentimentales. Un final lyrique laisse sur une fin dans la ligne d’un conte philosophique sur la pointe des touches. Plus romance que comédie, et ça passe, grâce au jeu enlevé d’acteurs convaincus de vivre une belle histoire. Une délicieuse surprise. Mon inconnue emplit les yeux de flocons de neige

     

                                                          Mon inconnue : Photo Joséphine Japy

     

     

    Quelques heures avant, je savais à quoi m’attendre, Grâce à Dieu.

     

    J’admire votre courage de parler et d’affronter le regard des autres. Moi, je n’ai pas pu.

    Ni croyance, ni foi, il est question de devoir et de morale.  

    Ne pas confondre orientation sexuelle et perversion criminelle.

     

                                        Grâce à Dieu : Photo Josiane Balasko, Swann Arlaud

    Vingt ou trente ans après les camps scouts et les leçons de catéchisme, les nœuds se délient. Nuages dans la tête, engrammes dans le corps, enfouissement sous un  détachement de façade. Ils ont tous été victimes d’abus sexuels perpétrés par le père Preynat. Les ravages du religieux pédophile ont  frappé  toutes classes sociales confondues :  bourgeois aisé, athée militant ou ouvrier paumé.

    Confronté à ses « petits » devenus grands, le guide spirituel reconnaît son penchant délétère pour les très jeunes garçons. Il en avait même averti sa hiérarchie. Celle-ci a fermé les yeux, de même que la plupart des parents des milieux cathos lyonnais.

    Les biens pensants ne pansent rien.

    Sidérante cécité de l’Église, coupable déni d’une institution se croyant au-dessus des lois. D’ailleurs, n’est-ce pas une affaire à régler à l’intérieur du clergé.

    Non ! Une association est créée. La parole libérée porte l’innommable sur la place publique. Les témoignages affluent. La police enquête. La justice met en examen. Les familles baissent la tête, essayent de compenser rattraper leur manque de soutien à leur progéniture meurtrie. La parole secoue au-delà des victimes.

     

    Grâce à Dieu : Photo Denis Ménochet, Melvil Poupaud

                                                                                    En revivant leur tourment dans leur chair, les victimes mesurent                                                                                  l'ampleur des dégâts psychiques, aidés, plus ou moins, par leur entourage.

    « Parler, dit ce père de cinq enfants, pour que si cela vous arrivait, vous n’ayez plus peur de parler

    Ni pathos, ni réquisitoire, les faits parlent d’eux-mêmes. Du cinéma vérité au service de la justice des hommes, scandalisée face à une Église désespérément muette.

     

                                                           Grâce à Dieu : Photo

     


  • Commentaires

    1
    AnnaMarie
    Mercredi 18 Septembre à 21:59

    Le plaisir avec lequel la violence perçue à l'écran est perçue se transforme en une violence contre le spectateur lui-même.

    Theodore Adorno

    C'est, comme dans les films musicaux https://sokrostream.tube/musical-film-streaming/  , à la demande de l'âme, nous écoutons de la musique. De la même manière, nous l’aimons à la demande de notre cœur.

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