• Dilutions sensibles

     

     

     

                                                 Love Sarah | Nu Metro

     

    Eliza Schroeder dédie son premier long-métrage à sa mère décédée récemment. Le film distille une tristesse douce, portée par trois personnes meurtries, résolues toutefois à prolonger la défunte.

    Trois femmes décident de réaliser le projet mort-né : une pâtisserie dans le quartier cosmopolite de Notting Hill. Clarissa sonne le branle-bas de combat. La fille de Sarah recrute sa grand-mère et l’amie-sœur, associée de la cheffe défunte. Un pâtissier ami, deux étoiles au Michelin, tombe du ciel. Les débuts sont difficiles, mais Mimi (la grand-mère) prend l’affaire à cœur.

     

                                             Film Review - Love Sarah (2020)

    La réalisation évite tous les clichés des films à l’eau de rose. La jeune cinéaste a déposé une parcelle d’elle-même dans Love Sarah. Elle exprime une sensibilité discrète en suggérant une renaissance possible après une perte choquant. Un deuil peut se révéler source de renouveau, de retour à la vie, de clôture d’un passé désaccordé.

    Eliza Schroeder touche la  tache aveugle de soi, « ce quelque chose qui est tout nous-mêmes, nous est à la fois étranger et si proche qu’il nous reste inconnaissable. » (C.-G. Jung, Psychologie de l’inconscient).

    La boutique accueille une clientèle bigarrée, heureuse de savourer des gâteaux qui lui  rappellent son pays natal et la relient à sa culture originelle. Lituanie, Japon, Pakistan, Sierra Leone, le monde entier pousse la porte de la boutique. Les lieux respirent le bonheur d’être comme chez soi. Ces ondes rayonnantes réchauffent les affligés. Des liens se nouent et se renouent. L’image de la disparue quitte l’avant-plan, prend les contours d’une présence  bienfaisante.

     

    Love Sarah - Liebe ist die wichtigste Zutat (2020) | Film ...

                                                                     La concrétisation du rêve de Sarah permet à ses proches à surmonter l’affliction d’un départ cruel. Mimi, Clarissa, Isabella et Alex forment un quatuor en mode majeur au service d’une une partition interprétée moderato.

    Ce film délicat n'a quasiment aucune presse, ne sort pas en France, a cartonné en Nouvelle-Zélande.Je pensais rire beaucoup, m’attendrir un peu, me détendre surtout. Love Sarah m’a décontenancé.J’ai vite accepté ce qui m’était proposé, de vivre un recommencement  après une période de retrait. J’ai pris et appris.

    « L’existence est un tissu déchiré, et là où ce tissu a été plié ou froissé par la douleur, on peut sans doute le déplier ou le défroisser, mais la trace reste à jamais. C’est aussi que rien ne s’achève. » (Le deuil. Entre le chagrin et le néant, Philosophie éditions).

          Il nous appartient de sculpter  la trace jusqu’à l' acceptation de l’absence présente.

     

                                            Love Sarah | Movie review – The Upcoming

     


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