• Démocratie familiale

     

     

                      Ferdinand : Affiche          

    J’avais misé sur Le musée des merveilles (20 décembre) pressenti comme film familial de cette fin d’année. Il m’a fallu déchanter (voir plus bas). Pris de court, j’ai sollicité une famille de quatre enfants. Le 24 décembre, ils avaient une journée tranquille devant eux. Leurs parents ont proposé de visionner les bandes annonce de Coco, Paddington 2 et de Ferdinand ( 20 décembre). Le taureau au cœur tendre a remporté la majorité des suffrages. Le papa raconte.

     « Ils nous ont emmenés voir Ferdinand le gentil taureau qui aime les fleurs et qui refuse de se battre. Et bien sans avoir réinventé  la poudre, c'est un bon petit dessin animé. Qui prône les valeurs habituelles du droit à la différence. Croire en ses rêves ! Qui veut peut ! Les personnages sont attachants. Et il y a quelques scènes bien comiques. Les enfants ont tous aimé. La plus petite (5 ans) a piqué du nez avant la dernière scène. Pour un bon moment en famille avec enfants de tous les  âges,  c'est parfait. On ne s'ennuie pas. »

                                                          Ferdinand : Photo

    J’ai regardé à mon tour les trois lancements. J’aurais choisi la même séance. Les enfants ont préféré un univers essentiellement animalier, drôle et sympa. Coco fait un peu peur avec son périple au pays des morts; Paddington paraît bavard et plat. Va pour Ferdinand qui avait pourtant la moins bonne cote publique et critique. La bande annonce de Coco était la plus longue (2’34), celle de Paddington la plus courte (1’04). Ferdinand durait 2’13. Les enfants ont peut-être senti un noyau vibratoire particulier au film des créateurs de Rio et de L’âge de glace. L’histoire de Ferdinand est tirée d’un conte pour enfants de 1936, adapté par les studios Disney deux ans plus tard. Le dessin animé de huit minutes s’est vu attribuer l’Oscar du meilleur court métrage de sa catégorie en 1939.

    Un film possède un noyau vibratoire, grossi au fil de la production, de l’écriture du scénario au montage des images. Un long-métrage résulte d’un travail collectif, accompli sur une longue durée. Il recèle le conscient et le non-conscient de ses nombreux artisans. Ferdinand porte une vieille histoire, née d’un conteur pour enfants, portée une première fois à l’écran  et couronnée au siècle dernier , devenue un spectacle qui séduit petits et grands en ce Noël 2017.

                                                                                    

    C’est le défaut majeur du Musée des merveilles il ne vibre pas. Le film est tiré également d'un roman illustré pour enfants de Brian Selznick qui avait déjà adapté son Hugo Cabret pour le grand écran (les deux héros garçons se ressemblent d'ailleurs physiquement). L’affiche avait capté le regard. La bande annonce (3’04) avait conforté mon envie de plonger dans ce qui m’apparaissait la promesse d’un conte somptueux. Effectivement, la mise en scène est remarquable, au cœur de New York parcouru par deux enfants à deux époques différentes. Le noir et blanc (1927) alterne avec le technicolor (1977). La vie grouillante avant la grande crise de 29 contraste avec la décrépitude des quartiers du Queens, sales, violents juste avant la blaxploitation. C’est d'un réel époustouflant.

    Le Musée des merveilles : Photo Millicent Simmonds                                          Le Musée des merveilles : Photo Julianne Moore, Oakes Fegley                                                                                   

    Todd Haynes nous balade constamment entre les deux périodes, en établissant un lien trop ténu pour justifier cette alternance lassante à la longue. Le film est muet la plupart du temps. Rose et Ben sont sourds. Ils ont douze ans et insatisfait de leur sort. Ils entreprennent chacun un voyage risqué, décidés à trouver un monde meilleur. Rose cherche à se rapprocher de sa mère comédienne, Ben cherche son père, dont il sait peu de choses. Sa mère a cultivé le mystère jusqu’à son accident fatal dans la fleur de l’âge.

    Un décor magnifique, des êtres intrépides, une situation dramatique, le musée d’histoire naturelle en nouveau foyer, tous les éléments sont réunis pour nous faire vibrer. Manqué. On admire le dispositif, on compare The Big Apple sur un demi-siècle, on espère un merveilleux qui pointe seulement le bout du nez en fin de parcours et on vibre rarement. Dommage. Les producteurs ont dû sentir le roussi. Le film n’est sorti que sur un nombre restreint d’écrans dans le monde, en Belgique, un mois après la France. Les amoureux de la belle image seront comblés. Les amateurs de récits émouvants digèrent leur déception. Les parents renonceront à embarquer leurs jeunes dans une trop longue projection. Ola Ferdinand !

     

     


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