• De la petite à la grande histoire

    Il est bon de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. L’époque incline à reléguer le passé aux objets perdus que personne ne vient réclamer. Les savoirs se renouvellement maintenant tous les quinze ans au lieu d’une, voire une génération et demie auparavant. Des informaticiens sont licenciés à quarante ans aux États-Unis, remplacés par des jeunes diplômés de vingt-cinq ans, plus créatifs et plus en  en phase avec la technologie du jour.


    « Connaître, c’est se souvenir, au sens aussi où connaître c’est choisir ce que l’on n’oubliera pas, écrit Cynthia Fleury dans Les

    irremplaçables.    http://pmcdn.priceminister.com/photo/les-irremplacables-de-cynthia-fleury-1040785227_ML.jpg

     

    Ne pas oublier que des femmes se sont dressées contre l’ordre établi par les hommes pour revendiquer le droit de vote et un statut égal. Un combat de cinquante ans qui culmine au début du vingtième siècle en Grande-Bretagne notamment.

                                                                                     Les Suffragettes


    Le cinéma nous offre une tranche d’histoire dramatique et glorieuse sur la rébellion des femmes à Londres en 1912. Il aura fallu une martyre pour que le monde connaisse le mouvement des Suffragettes censuré par la presse, traqué par la police et honni par les mâles. L’engagement au sein du mouvement est directement proportionnel à la souffrance en usine, au sein de la famille et dans la société. Une femme n’est rien d’autre qu’une mère, une épouse, une bête de somme dans la vapeur moite et opaque des blanchisseries londoniennes. La carrière commence à sept ans, culmine à vingt-cinq et se termine à trente-cinq, épuisement oblige.

     

    http://media.melty.fr/article-795243-ajust_930/les-suffragettes-reclamant-le-droit-de-vote.jpg Maud rallie les Suffragettes,  se radicalise, révoltée contre sa condition d'esclave.                                   Elle rejoint Edith, la pharmacienne, bridée par son père dans sa vocation d’être médecin. Il y aussi Violet battue par son mari, dont la fille (12 ans) devient l’ordinaire du contremaître de la blanchisserie. Maud sait de quoi il retourne. Elles ont envie de changer leur histoire et écrivent ainsi la grande. Les Suffragettes brisent les vitrines, explosent la résidence du premier ministre, font la grève de la faim en prison. Elles sont déterminées, conscientes de se battre pour les générations futures et donc de ne jamais renoncer à leur combat.


    Le film s’inscrit dans la grande tradition du cinéma social britannique. Reconstitution soignée, facture classique, propos édifiant, rafraîchissent des mémoires courtes. Le droit de vote n’a été octroyé aux femmes qu’en 1944 seulement en France et quatre ans plus tard en Belgique. Les Anglaises l’ont obtenu en deux temps, 1918 (à partir de 30 ans) et 1928 (à 21 ans). Sur les écrans le 11.11 en Belgique et le 18.11 en France.


    FIFF première.

    Le festival international du film francophone commence aujourd’hui. Namur programme de nombreux premiers films et aussi des

    auteurs confirmés comme Christian Vincent. Il retrouve Fabrice Luchini  dans L'Hermine son dixième long-métrage, vingt-cinq ans après La discrète. L’acteur est au sommet de son art, sur un mode retenu, jouant le charme et la fragilité dans un registre inhabituel. Il a d’ailleurs obtenu le prix d’interprétation au festival de Venise, son réalisateur décrochant le prix du meilleur scénario.
    L'hermine va et vient du théâtre judiciaire au théâtre de l’intime, de l’apprêt de la cour d’assises à la chaleur d’un rendez-vous amoureux. Ces variations sur ambiances contrastées seraient le sujet du film. Une jurée trouble le président impitoyable au point que le coup de foudre amène un coup de théâtre orchestré par un magistrat au couperet soudainement émoussé.
    Les rendez-vous discrets à la brasserie entre Ditte et Michel sont un régal. L’actrice danoise, connue pour son rôle de premier ministre dans la série Borgen, fait une entrée remarquée dans le cinéma français, dispensant à l’économie une gamme étendue de sentiments. 

                                                           Affiche et Photos L'Hermine (Film - 2015)


    Et si le sujet majeur était le procès d’assises, seule siège populaire de la justice. Et le petit peuple défile, acteur d’un drame sordide. Si aérien dans l’approche amoureuse, Christian Vincent est carrément pédagogique dans les coulisses du prétoire.


    - Une cour d’assises n’établit pas la vérité, elle sert à rappeler l’importance de la loi et punit ceux qui l’ignorent, explique le président aux jurés lors d’une suspension de séance.

    Affiche et Photos L'Hermine (Film - 2015) Au vu du temps déroulé en salle d’audience, L’hermine serait plutôt ou aussi un éclairage sur le fonctionnement aléatoire d’un dispositif hybride où les juges professionnels pèsent considérablement. A vous de choisir l’angle qui vous convient. C’est mon seul bémol, ce mélange de comédie sentimentale et de film de prétoire manque de fluidité entre le palais et la cour des sentiments. L’hermine, au FIFF , les mardi et mercredi soirs, 6 et 7 octobre. Sortie générale sur les écrans belges et français le 18.11.


    Un mot encore de Fabrice Luchini qui fait l’immense plaisir de tourner avec sa fille dans Un début prometteur.

                                    L’essentiel, c'est d’être bien en famille  Fabrice et Emma Luchini: “nous avons une rela­tion très atypique”

     

    je vous renvoie donc aux critiques de la presse hexagonale après la sortie mercredi dernier. Pour ma part, je n’ai pas tenu plus de 25 minutes, ce qui m’arrive rarement. Mais père et fille étaient réellement émus sur le plateau de France 2 d’avoir réussi à tourner ensemble. FIFF, samedi 3, 15h30. Sortie en Belgique le 7 octobre.

    J’ai déjà vu aussi En mai fais ce qu'il te plaît(FIFF jeudi 8 octobre en soirée), sur les écrans partout le 4.11.

    Une chronique déjà vue de l’évacuation sous la poussée allemande en France en 1940. De nombreux récits vécus ont inspiré le film mais ces témoignages disparates peinent à tisser un fil narratif. Des séquences étirées de foules accablées sur la route de l’exil rendent la vision interminable.

                                                    Je vous retrouve après un week-end festivalier.

     


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