• De l'éphémère à la postérité

    Généralement, nous gagnons le clair obscur de la salle pour nous détendre, nous divertir, rêver ou  chercher la confirmation de valeurs personnelles. Parfois aussi, un film donne du sens à une situation vécue simultanément à la projection ou éclaire notre existence d'un sens nouveau.

    A douze heures d'intervalle, j'ai vogué du charme discret de Boyhood au gigantisme de La planète des singes: l'affrontement.  La chronique d'une famille américaine sur douze ans en temps réel a coûté cent fois moins que les singes virtuels d'une superproduction très humaniste. J'ai apprécié ces visages du cinéma, tantôt intimiste, tantôt spectaculaire.

    Au final, Boyhood (Interview émouvante de Patricia Arquette) passera à la postérité tandis que les aventures simiesques ne survivront pas au prochain épisode prévu dans un an. On retiendra surtout de la saga des singes l'époustouflante évolution de l'animation de nos frères plantigrades depuis 1968, plus vrais que nature grâce à la technique de la capture de mouvement.

                                                                                            Le fils à six ans                         

        •  
    Boyhood (Patricia Arquette émouvante) résistera à l'usure du temps, car il montre l'écoulement imperceptible des âges d'une famille moyenne, deux enfants, quelques remariages,  en questionnement sur les raisons de son passage sur terre. C'est assez extraordinaire de voir les quatre mêmes acteurs reprendre le film une semaine par an, de 2002 à 2013. Nous les voyons grandir et vieillir à l'écran, miroir de  notre érosion temporelle, opérée quasiment à notre insu.
    •          Maman et fiston                

    Richard Linklater donne une dimension universelle à une idée de cinéma tournant au document pour les générations futures. Le temps du film devient le temps de la réalité.

      •            Papa et ses enfants

     

    Contentement éphémère ou réflexion existentielle, le cinéma présente des facettes multiples. Les cinéphiles  érudits dénigrent systématiquement la fonction délassante du plus populaire des arts. Un film n'aurait de valeur que s'il dérange, que si son style est novateur. Le spectateur bon public et le puriste élitiste campent aux extrêmes. Entre  les deux, je prétends qu'un film grand public ou non, bien réalisé, avec de bons acteurs et une bonne histoire, impressionne le corps et l'esprit.

     

    A chacun de choisir le mode d'impression et le moment d'être grave ou léger.

     

     

     


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