• Daniel dans la fosse aux lions

     

     

                                                                "Chacun de nous peut être un soldat du Christ."

    Le prêtre parle aux pensionnaires d'un centre d'éducation fermé en Pologne. L'hypocrisie règne. Face d'ange en présence de l'autorité ; violence collective derrière le dos. Daniel prend ses distances en liberté conditionnelle à l'autre bout du pays. Il aurait aimé endosser la soutane du curé mais son passé lui interdit le séminaire. Dès lors, il va suivre la bonne parole de son berger à la lettre.

                                                              La Communion : Photo Bartosz Bielenia, Eliza Rycembel

    L'occasion lui est donnée de prendre une paroisse touchée par un drame. Il éprouve des illuminations, lui inspirant des sermons fiévreux ou des échappatoires inespérées.

    "Le silence est aussi une prière. Prions ! "

    Les paroissiens ouvrent de grands yeux, maugréent et plient le genou. Où les emmène donc ce jeune ecclésiastique qui administre des pénitences étonnantes aux confessés ?

     

                                                     La Communion : Photo Bartosz Bielenia

    Daniel improvise, ressent, éteint sa rage. Pour une fois, il est à sa place, se sent utile, cesse de divaguer. Il appartient désormais à une communauté, on lui fait confiance, même s'il a commis un péché capital bien caché.

    Dans la pyramide de Maslow, le besoin d'appartenance vient juste après les besoins vitaux et le besoin de sécurité, avant le besoin de reconnaissance et la réalisation de soi. Évoluer au sein d'un groupe, pouvoir compter sur les autres, les aider si nécessaire, contribue à l'équilibre physiologique. L'ex jeune délinquant oublie ses conflits intérieurs, arbitre les querelles d'un village où il n'y a que "des gens biens". Mon œil !

     

                                                               La Communion : Photo Bartosz Bielenia

    Ce Corpus christi (La communion) m'a paru inégal, j'attendais trop après lecture de l'excellente presse à son égard. Néanmoins, Jan Kosama étreint la fragilité d'une rédemption usurpée. Il épingle aussi enfermement carcéral de jeunes auxquels on demande de saisir une seconde chance plombée par un déterminisme de classe. Le film est inspiré de faits réels. L'interprète de Daniel impressionne. Ses yeux en boules de loto lorsqu'il perd les pédales resteront dans les mémoires.

    Il y aura toujours des petits villages recroquevillés sur leur rancœur et leur colère rentrée, microcosme insensible à l'évolution des mœurs, des âmes et des esprits. Vivement le Messie, quelle que soit sa confession.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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