• Cuba libre

     

     

     

                                                            

     

    Yuli (surnom donné par le paternel) possède un talent exceptionnel mais refuse d’intégrer une prestigieuse école de danse à la demande pressante de son père qui voit en lui un pionnier capable d’effacer trois cent cinquante ans d’esclavage infligés aux noirs de Cuba dans les plantations de propriétaires blancs.

    Carlos Acosta raconte son enfance heurtée et sa carrière forgée malgré lui dans un ballet qu’il crée à La Havane de nos jours. La danse décrit mieux que les mots le parcours tourmenté d’un enfant surdoué qui a peur de quitter sa famille, redoute l’échec et craint un père violent. Ce dernier écume sa hargne à persuader son fils qu'il est voué à un grand destin.

                                                       Yuli : Photo Edilson Manuel Olvera

    Icíar Bollaín jongle avec trois époques de la vie de Yuli, reliées par des séquences du ballet autobiographique en gestation. La chorégraphie est magnifique, mélange de modernité, de racines afro-américaines et de sensualité. Ce biopic séduit en développant plusieurs thèmes sensibles. La relation ambigüe entre le père imposant et le fils hésitant domine mais aussi la solitude inséparable du déracinement, la misère à Cuba et l’abnégation d’une maestra qui croit en la bonne étoile de son élève insoumis puis peureux.

    Père et professeure pousseront leur protégé à devenir le premier homme noir jouer Roméo au Royal Ballet de Londres. On attend longtemps le déclic qui fera basculer Yuli vers la scène. La vie prend parfois un tour étonnant. Ces existences extraordinaires projetées sur écran large amorcent une réflexion sur le déroulé de la nôtre. Qui nous influence ? Qu'est-ce qui nous définit : nos pensées, nos rêves ou nos actes? (Conversation agréable après film autour d'un repas avec deux bons amis)

                                              Yuli : Photo

    De nombreuses séquences éblouissent les rétines : un solo improvisé sous une pluie battante, des faisceaux de soleil inondant les vestiges d’une école-théâtre de ballet voulue par Castro, lumière inspirante pour Yuli encore petit…     

    Choisir, c’est renoncer. Cruel dilemme que Carlos Acosta, aujourd’hui chorégraphe à quarante-six ans, continue à sonder en glissant  son pas dans celui de ses danseurs.

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Lola
    Jeudi 8 Août à 11:40

     qui voit en lui un pionnier

    2
    Lola
    Jeudi 8 Août à 11:41

    Sera-t-il diffusé à la télévision? Mes favoris J'ai des films comme https://filmstreamingvf.tv/ ceux-ci ... 

    3
    Jeudi 8 Août à 11:49

    Vous me parlez de streaming, ce qui n'est pas la télévision. Si Yuli devait l'être, ce serait probablement sur Arte. Sorti le 17 juillet en France et en Belgique, il est toujours à l'affiche. C'est mieux sur grand écran que sur PC ou télé.

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