• Comme une envie de révolte

     

    En lisant un article sur 7 minutes présenté au festival de Rome, me revient en mémoire une mini-conversation au marché matinal du samedi. Une amie retraitée me raconte une histoire édifiante sur la pression exercée par les patrons pour remettre au travail le personnel en congé de maladie prolongé.

    Cette employée de quarante ans est en arrêt de travail pour burn-out. Son médecin lui donne un mois de répit supplémentaires L’inspection sociale débarque le premier jour de sa nouvelle période de repos.

    - Allons madame, il ne faut pas vous laisser aller, il est temps de retourner travailler, hein!

    - Je ne pourrais pas y retourner maintenant, vraiment.

    - Je vais vous prescrire un bon anti-dépresseur pour le moral (prescription idiote, inefficace pour un burn-out). Et ça ira mieux!

      La malade refuse et, preuve qu’elle n’est pas déprimée, exprime sa colère à l’égard du contrôleur zélé :

    - En tout cas, il me faudra quarante-huit heures pour me remettre de votre visite!

                                                  En deux secondes, l'idée d'un article a éclos. Voici.

    7 minutes  pose  une question d’actualité, soumise  à une dizaine d’ouvrières textiles : quelle concession sommes-nous prêts à faire afin de garder notre travail ? On demande à ces femmes de renoncer à sept minutes de pause déjeuner sur les quinze accordées tous les jours. Le sort de la fabrique, cédée à une multinationale, semble dépendre de ce renoncement minime a priori. Les filles sont convaincues sauf une.

    Cette situation cornélienne me rappelle le porte- à-porte désespéré de Sandra Deux jours, une nuit, suppliant ses collègues de renoncer à une prime, ce qui préserverait sa place à leurs côtés. Les licenciements massifs récents en Belgique, environ six mille emplois liquidés, accentue une misère sociale assez discrète en rue, mais bien palpable dans les organismes d’aide publique.

                                                                                                    

    Moi, Daniel Blake (sur les écrans aujourd’hui),  illustre  le désarroi de personnes obligées de recourir à l’aide sociale. C’est le lot de Daniel, menuisier, 59 ans, interdit de travail après des problèmes cardiaques. Malgré un certificat médical, les gens du Job Center le presse de chercher du boulot, sanction à la clef si ses démarches sont infructueuses. Daniel bute sur la surdité de l’administration britannique gavée des règlements absurdes hérités des années Thatcher. Les films du fleuve, société des frères Dardenne ont co-produit la palme d’or du dernier festival de Cannes.

                                                              

    Nous rencontrons Daniel Blake lundi prochain avec des amis puis nous irons prendre un verre et échanger nos impressions et émotions sur le film comme nous l’avons déjà fait à deux reprises. Suggestion : pourquoi ne pas élargir ces soirées amicales à un cercle d’amoureux du cinéma et créer ainsi une espace de libre-échange, creuset de nouveaux points de vue sur le monde, la société et soi. C'est en se réunissant, en parlant, en rêvant, que les Les ouvrières de Dagenham ont posé les jalons de leur lutte acharnée pour l'égalité des salaires entre hommes et femmes. Elles ont eu envie de changer leur histoire et du coup elles ont écrit la grande.  

     


  • Commentaires

    1
    madsol
    Lundi 7 Novembre 2016 à 10:48

    Bravo ! Je suis tout à fait d'accord avec toi. Chacun nous pouvons apporter une pierre à l'édifice qui s'écroule. Mais à plusieurs nous pouvons le restructurer pour en faire autre chose de plus viable, de plus humain....

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