• Clap, Action, Ça tourne !

     

     

    Plusieurs pays européens ont déjà rouvert leurs salles de cinéma.

    La Suède, depuis le 1er mai. L’Islande a suivi le 4 mai, la Norvège le 7.

    La Pologne et la Bulgarie reprennent le 18 mai, l’Espagne et la Tchéquie le 25, l’Allemagne le 30, la Grèce le 1er juin. 

    La France, l’Italie et La Belgique ne savent pas, probablement en juillet, comme l’Estonie le 1er du mois, La Grande-Bretagne rallume les projecteurs le 4 juillet tandis que l’Irlande patiente jusqu’au 10 août.

    Les réouvertures sont assorties de mesures de distanciation sociale : 1.5 mètre entre les spectateurs, capacité limitée de 30 à 60 % des sièges ou un forfait fixé par écran, comme en Norvège, à cinquante spectateurs.

     

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    Les producteurs et les distributeurs sont confrontés à un choix cornélien. Une centaine de films auraient dû sortir ces trois derniers mois. Il faudra choisir le meilleur créneau entre le grand embouteillage de reprise, le report ou se contenter d’une petite rentrée via l’édition DVD ou la vidéo à la demande.

    Le virus change la donne. Un producteur norvégien lance un pavé sur les plateaux. Il envisage la possibilité de donner un accès direct au film en développant la distribution numérique de poste à poste. Ce professionnel parle d’augmenter les recettes de l’industrie cinématographique, la salle conserverait sa position stratégique. Reste à fixer les modalités de diffusion, notamment le délai crucial de disponibilité après sa carrière en salle.

    L’avenir s’annonce bouillonnant. La Tchéquie fonce, elle a déjà repris les tournages, corsetés de mesures sanitaires. Le surcoût des dispositions barrière a déjà été estimé à 10-30% sur l’ensemble des productions futures. Petite digression : comment respecter la distance requise dans les scènes d’amour ?

    Michelágelo Antonioni con Jeanne Moreau y Marcello Mastroiani en el rodaje de "La Notte" (1961 Tournage Film, Plateaux, Auteur, Bonjour, Michelangelo Antonioni, Jeanne Moreau, Marcello Mastroianni, Films Français, Réalisateur

                                                                                 Peut-être en adaptant la façon de faire un film. Une cinéaste suédoise a mis en chantier une fiction sur les effets de la réclusion générale. Elle prévoit une équipe réduite, les acteurs tournent leurs scènes une par une, ils jouent derrière un écran. Bof ! Il y a même eu des tournages confinés. Un réalisateur italien a fourni des kits de tournage à neuf acteurs à domicile. Il les a dirigés à distance. Le film explore les sentiments de quatre couples confinés.

    En somme, c’est une dérivée du télétravail, bien parti pour conforter la place acquise durant le confinement. Le cinéma modèle le visage de la société d’après, prête à continuer autrement certes, mais peu disposée à renier un mode de vie confortable, énergivore, polluant, dépressif. Preuve s’il en est, le zèle de l’Europe à lever les frontières touristiques. Le tourisme pèse 150 milliards d’euros par saison et emploie 27 millions de personnes. La France va injecter 18 milliards en soutien à une activité dévastée si l’été ne brasse pas des masses d’estivants. L’Allemagne accorde aveuglément des prêts garantis, notamment 1.8 milliard à l’organisateur de voyages TUI, qui vient d’annoncer la suppression de 8000 emplois. Un nouveau mantra émerge, Les vacances sont possibles, balayant l’impopulaire Restez chez vous.

         

    La machine économique piaffe sur des charbons ardents ; elle omet de fignoler sa trajectoire et de fixer sa destination, encouragée par une averse de fonds publics. Pourtant, l’occasion est belle de canaliser le flux de l’argent collectif vers une créativité industrielle et artisanale, sociale, environnementale, locale. Les États pourvoyeurs, et donc les citoyens, ont leur mot à dire. Se taire maintenant, c’est obérer l’avenir. Je dis dès lors que tenir 0le grand Prix de Francorchamps de F1  à huis clos le 31 août relève de l'absurde.   

               

    Espérons une aube nouvelle, des matins radieux, des journées inspirées, des soirées délacées. Le titre du film diffusé cet après-midi sur France 3 est prémonitoire : Le jour se lève. Le cycle « Classiques du cinéma français » continue lundi 18 avec Maigret mène l’enquête. Samedi et dimanche, France 2 récupère la case ciné d’après repas. Les apprentis et Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ au programme. J’ignore combien de temps persistera le cinéma de la digestion. Jusqu’aux vacances…

     

    La détente du jour et des suivants, un nectar de Keith Jarrett, exhumé à l’occasion de ses 75 ans : Answer Me, My Love

     

     


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