• Cela va sans dire

    Le fils préféré figurait au programme du quatrième atelier de ciné-thérapie. La journée fut une fois encore un voyage surprenant et riche grâce à l’engagement généreux de quatre participantes dans une meilleure compréhension d’elles-mêmes et des relations dans leur fratrie, thème du jour.


    Le film pudique de Nicole Garcia laisse une large place, aux émotions rentrées, au non-dit et au langage non verbal. Il y est question aussi de secret de famille, de filiation et de la nature du lien entre trois frères.

     

                                                          


    Le cercle de l’inexprimé s’est joint aux premiers échanges après la projection matinale. Ce cercle est constitué des pensées et des conversations internes d’une personne. A quoi pense le fils préféré en regardant sa fille jouer sur la plage avec un cerf-volant au cours d’une séquence finale d’une petite minute, soulignée d’une musique mélancolique.


    Place à l’imagination pour interpréter ce qui n’est pas encore clairement formulé dans la tête, de ce qui est encore à dire, soubassements du cercle de l’inexprimé. Ce cercle devient une ressource dès que le détenteur de l’informulé s’emploie à préciser ce qu’il pressent confusément soutenu par des interlocuteurs disposés à l’écouter et à étayer sa mise en récit.


                                « Aucune exhaustivité des pensées à haute voix ne viendra jamais à tout dire d’un être.»

    (Défense du secret, Anne Dufourmantelle, Manuels Payot). 


    Il est clair également qu’aucun mot, phrase ou expression n’est complet ou univoque. Il faut toute l’inventivité et la créativité du langage animé par l’envie de dire, de donner sens à ce qui a été vécu, pour approcher la densité de nos innombrables pensées.
    Les récits personnels amorcés par la vision du film éclosent en binômes et sont restitués au groupe en re-narrations par celui qui a écouté (témoin). Ces restitutions ne sont pas exhaustives, elles sont centrées sur ce qui a retenu l’attention du témoin, sur ce qui l’a touché, sur ce qui a résonné avec son histoire à lui.


    Ayant reçu ce que le témoin a perçu de son récit, l’auteur initial commente la re-narration et dit ce qu’elle lui a apporté : nouvelles significations, nouvelle façon de raconter son histoire, nouvelle description de soi. Ces conversations à deux et en groupe enrichissent le cercle de l’inexprimé et surtout, donnent aux intervenants l’apaisement (relatif) d’être entendus et reconnus dans leur souffrance.


    Hier, à ma grande surprise, de lourds secrets ont été dévoilés d’emblée, après les premiers récits à deux, évocation de l’état des relations actuelles au sein de la fratrie et de leur évolution au fil du temps. L’émotion était vive autour de la table. Nous étions au cœur du sujet, sans transition, du film émouvant au mouvement des écrans intérieurs.


    « Partagé, un secret s’affaiblit et perd le rayonnement noir qui en fait sa magie… …Le trauma le mieux enfoui vient un jour à la surface. Il a une attraction irrésistible du dévoilement. » (Anne Dufourmantelle).


    Le groupe s’est « trouvé » très vite. C’était magique.


    Je repars avec une partie de vous.
    Ça m’a fait du bien.

    Le film a été une impulsion. Sa tonalité nous amené rapidement dans la profondeur, dans l’intime.
    C’est étonnant de voir les transformations possibles de son récit personnel quand on l’écoute raconté par quelqu’un d’autre.


    Rendez-vous est pris le 21 août pour le dernier volet d’un triptyque sur les fratries, dédié aux relations entre frères et sœurs.

     


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