• Casser la baraque en 2016

     

    Le petit dernier de l’année.
    Je suis en réserve de La guerre des étoiles.

    Je sollicite le réveil de la force inspiratrice.
    Je refuse la rétrospective facile, la prospective est bouclée.

     


    Je termine l’année sur Le casse du siècle (sorti le le 30 décembre en Belgique, le 23.12 en France), assis avec Masaan sur les bords du Gange. Ils signent le réel fin 2015 d’un monde composite et désarçonnant.


    20h. Masaan clôture ma filmographie annuelle. Les tours et détours du destin aux prises avec la tradition, les conventions sociales et une jeune génération déterminée à rompre avec les idées rétrogrades des anciens. Bénarès la sainte recèle le meilleur et le pire. Le Gange coule impassible, réceptacle des cendres des corps brûlés sur ses rives, en même temps témoin de purs élans amoureux.

    Masaan : Photo Je regarde une Inde aux deux visages, déconcertante, où Facebook et Internet rapprochent les cœurs et procurent du travail tandis que la poésie continue à charmer les jeunes filles. La hiérarchie des castes est toujours vivace, l’essor économique laisse les plus démunis en rade. L’Inde montrée sans fards me file un léger bourdon.


    Dès l’aube, j’avais imaginé l’agencement du dernier article de l’année. J’ai su rapidement que Grand Corps Malade scellerait l’exercice au 1er janvier 2010. 2010 ou 2016, pareil :
                                                                                       Pas d'bonnes résolutions pour la nouvelle année
                                                                               Mais plutôt l'heure d'un bilan pour mieux savoir où aller.


                                  Je me suis dit aussi que Le casse du siècle tombait à pic en cette semaine de liquidation boursière.

                                                                                        The Big Short : le Casse du siècle

    Les portefeuilles bourgeonnent à la cueillette des bonnes affaires sur le fil avant de se défaire en 2016. En mémoire aussi de mon premier boulot, journaliste économique et financier, je me devais de sauter sur une des deux sorties belges de ce mercredi  (J’ai déjà parlé de Nous trois ou rien). De plus, j’étais titillé par ces vingt-trois nouveaux milliardaires nés en un an dans la Silicon Valley. Comment devient-on plein aux as?


    16h30. Le casse du siècle m’a comblé et lessivé. Je sais absolument tout sur la crise des subprimes qui a coulé plusieurs grandes banques aux États-Unis en 2008. Je connais le fin mot de la stratégie d’une poignée de francs-tireurs misant à contre-courant sur un effondrement du marché immobilier trois ans avant l’écrasement des obligations toxiques.


    Le film est basé sur des faits réels. Les protagonistes nous le rappellent régulièrement en interpellant les spectateurs. Des vignettes pédagogiques autour d’une table de roulette ou dans les cuisines d’un grand restaurant dénouent des montages complexes destinés à masquer les signaux d’une future banqueroute.

     

    The Big Short : le Casse du siècle : Photo Hamish Linklater, Jeffry Griffin, Jeremy Strong, Rafe Spall, Ryan Gosling « Les banques ne sentent plus le marché. » N’empêche, quelques uns ont flairé

    le gros coup. Ils empocheront une mise fabuleuse malgré l’inertie des agences de notation et le laxisme des organes de contrôle. La longueur du film et la complexité des rouages financiers rendent parfois la démonstration indigeste mais on saisit dans les grandes lignes la cupidité irrépressible des banques et des fonds d’investissement. On comprend clairement que les petits épargnants et les petits porteurs sont (et seront) toujours les dindons de la farce.

    Après avoir empoché 2.7 milliards de dollars de bénéfices en misant sur la déroute immobilière, Michaël, borgne et  «maladroit social"  a demandé à la Maison-Blanche si elle voulait connaître sa technique de prévision. La présidence a joué la grande muette. En revanche, le FBI a cherché à coincer quatre fois le génial augure. 

                                                           The Big Short : le Casse du siècle : Photo Christian Bale

     
    Cette crise a privé d’emploi huit millions d’Américains et en a jeté six millions à la rue. Les banques ont la mémoire courte. Elles ont relancé des obligations regroupant des créances hypothécaires… De quoi dé-primer.


    Voilà, il est temps d’aligner une résolution pour l’an à venir :


    Écrire des notes plus courtes, condensés d’histoires centrées sur l’essentiel.


    L’essentiel ?


    Je suivrai ma voie pour que ma voix refasse des siennes. A toi Grand Corps malade, toi qui bat le rappel en battant des mots,


                                                                   A nous la révolte contre la morosité ambiante.
                                                                                      Que  2016 vive, balèze !

     


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