• Bruit de fond

     

     

     

    After The Wedding ne sortira pas en France. Le DVD sort le 12 novembre, ai-je appris en lisant un journal de Montréal. Les Québécois ont apprécié, les critiques belges ont boudé.

     

                                                   

                                                          Je n’avais donc aucune raison de voir la reprise d’un film (2006) de Susanne Bier, construite sur la même trame. Sinon pour les deux actrices, Michelle Williams et Julianne Moore. Elles endossent les rôles masculins de la première version, c’est la principale innovation de la nouvelle mouture.

    Deuxième grand changement, Bart Freundlich lève rapidement le suspense de la filiation, secret divulgué sur le tard dans le film danois. Il s’intéresse surtout aux réactions d’un couple, d’une enfant et d’une mère en proie à la culpabilité. Chacun porte une histoire, mais tous n’ont pas tous les fils de l'intrigue.

     

    Une définition élargie du trauma précise qu’un événement est traumatique « s’il est vécu comme étant bouleversant, dépassant ou submergeant les capacités développementales d’une personne à composer avec cette expérience... » et si "cet événement  produit des symptômes psychologiques qui perdurent dans le temps. » (Trauma complexe, Presses Universitaires du Québec)

    En écrivant ces lignes, je commence à cerner les racines de cette émotion diffuse qui m’a saisi très tôt à la vision d’un film propre sur lui, apparemment lisse et pourtant troublant chez ceux qui acceptent d'être empathiques avec leurs semblables plongés dans la confusion la plus folle.

     

                                        After the Wedding : Photo Billy Crudup, Julianne Moore, Michelle Williams

    J’ai rapidement cessé de comparer les deux versions. Le présent a pris le dessus, en résonance avec mes préoccupations du jour. Une séquence m’a littéralement  retourné les tripes, exprimant le peur de la mort qui sommeille en nous. Il y a encore cette question lancinante de la réparation d’actes posés dans le passé si l’occasion nous est donnée de redresser les effets d’erreurs commises au nom de la jeunesse, du souci d’autrui et de la lâcheté aussi.

    J’ai entamé le dernier tiers de mon existence. Je regarde rarement en arrière. Une réunion prochaine des anciens de ma classe de terminale secondaire, douze ans après nos premières retrouvailles, remet l’adolescence en mémoire.

                                                           After the Wedding : Photo Michelle Williams

    « La mémoire est le lieu de notre relation au temps qui passe : au passé, mais aussi au présent, lieu des émotions dans leur immédiateté, et au futur, avec la capacité de se projeter dans l’avenir (Mémoire et émotions, Essais Le Pommier).   

    After The Wdding conjugue tous les temps.Nous est montrée la capacité à baliser l’avenir de ses proches alors que soi-même n’a plus rien à espérer, sinon une mort douce. Ce souffle projectif me manque actuellement. L’impact d’une séance de cinéma demeure inattaendu. C’est ce gisement d’imprévisible qui nourrit mon appétit (devenu sélectif) envers un art inégalable.

                                                                   

     

     


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