• Bouillon de neurones

     

     

    Ça fuse et ça diffuse de partout. Un besoin d'écrit. Je réagis à quelques informations et idées glanées ici et las.

    Je suis indigné, à l’annonce d’un premier procès en correctionnelle pour non respect des mesures de confinement. Un quidam a refusé d’obtempérer, s’est même « rebellé ». Il encourt trois mois de prison. Le procès pour l’exemple, par excellence. D’autres audiences similaires sont déjà prévues. Le parquet de Namur a même établi une procédure d’urgence. La justice reprend de la vitesse, passant de lente à expéditive, sans transition (d'actualité).

                                                       Statue de justice Banque d'images - 40656979

                                                         

      Relire Foucault, cité dans Le 1, à propos des mesures édictées pour se protéger de la peste.

    D’abord un quadrillage spatial : fermeture, bien entendu, de la ville et du « terroir », interdiction d’en sortir sous peine de vie, mise à mort de tous les animaux errants ; découpage de la ville en quartiers distincts, où on établit le pouvoir d’un intendant. Chaque rue est placée sous l’autorité d’un syndic ; il la surveille ; s’il la quittait, il serait puni de mort. Le jour désigné, on ordonne à chacun de se renfermer dans sa maison : défense d’en sortir sous peine de la vie.

     

     *Attention aux dérives, notamment en matière de vie privée. Plusieurs pays examinent la possibilité de traquer le virus en traçant les téléphones intelligents. Sachez que l’article 8 du règlement général de protections des données (européen) prévoit une exception à son application : les situations d’épidémie. Ouf ! L’adhésion à la télésurveillance serait volontaire ; le traçage serait temporaire et assorti de toutes les garanties voulues. N’empêche, la porte est ouverte à tous les abus. Pour en citer un : qui traite les données recueillies et que deviennent-elles après la période de traçage ?

    Les technologies numériques de communication sont très utiles mais elles sont vulnérables aussi. Témoin le piratage de l’application de visioconférence Zoom, dont l’usage a explosé avec le confinement. Les usagers disposent désormais d’une fonction Security qui évite l’intrusion d’images pornographiques  ou de menaces durant une soutenance de thèse ou un office religieux.

     

    Image                                     

                                                                                      *Il y a des bonnes nouvelles. L’Europe parle d’une même voix pour sauver l’économie. Un accord  incluant 500 milliards d’euros disponibles immédiatement et un fonds de relance à venir (+ les 750 milliards déjà lâchés par la BCE). Sauver qui ? Les grosses, les petites, les moyennes entreprises ?  Les patrons ? Les travailleurs ? C’est le moment, c’est l’instant, c’est urgentissime d’imposer des critères écologiques et sociaux à l'octroi du soutien financier de l'État.

    Un ami économiste cite Bruno Latour dans son journal du confinement. Il pense l'après et commence un questionnaire prospectif en posant deux questions simples  

    - Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?

    - Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent ?   

         (Document complet : file:///C:/Users/USER/AppData/Local/Temp/bruno%20latour%20AOC-2.pdf)

    Ce serait formidable si nos gouvernants associaient la population à l’avènement d’un monde nouveau au lieu de reproduire l’ancien énergivore, inégalitaire, inhumain. Un bel exercice de démocratie directe. Nous avons notre mot à dire sur l’affectation des deniers publics, issus de nos impôts. Allons chers élus, de l’audace, de la hauteur, des perspectives. C’est ça ou rendre l’âme, l’esprit, le souffle, au cosmos rigolard.

     Merci Patron! : Affiche

    Hier, France 3 diffusait Merci patron, documentaire en forme de satire sociale, qui brocarde les agissements douteux d’un grand capitaine d’entreprise, Bernard Arnault, pilote de LVMH, le géant du luxe et de l'opulence. Le film de François Ruffin avait fait 300.000 entrées en France.      

    Dans la même foulée, quitte à remplir les grilles, aux côtés des comiques et des machines à sous, programmons des films à thème économique et social. Je suggère, sortis d’un trait de ma mémoire,

    Que les gros salaires lèvent le doigt   1982

    Sauf le respect que je vous dois    (2005)

    De bon matin (2011) 

    Ressources humaines   (1999)  

     

    Violence des échanges en milieu tempéré : Affiche Cylia Malki, Jean-Marc Moutout

    Violence des échanges en milieu tempéré   (2004) 

    The Company Men  (2011)  

    Margin Call  (2012)  

    La méthode  (2006)  

    Les Portes de la gloire : Affiche Benoît Poelvoorde, Christian Merret-Palmair

    Les portes de la gloire     (2001)

    Le couperet  (2005)     

    99 Homes  (2014)  

    Le capital (2012) 

     Ce que veulent les femmes     (2001)  Pour rire un peu

     

    **** La chanson du jour, atterrie en cours de vol. Elle provient de notre fille.  Moi qui cherchais un brin d’optimisme à cueillir sur le champ confiné de la morosité, je suis comblé. Et en plus ça marche. 

    Chantez, chantons, je chante ! Très bon pour les cellules du bonheur. Cliquez sur Zoupitizoup !

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 10 Avril à 17:35
    Christian

    Pour les adeptes du moment présent, cette crise n’est pas un moment désagréable. Mais qu’il ne vous vienne pas à l’idée d’essayer d’en appréhender la dimension sociétale, politique, sociale. Il vous en couterait .. et justifierait une saine colère.
    J’ai surfé sur ton propos dans mon post de ce jour: https://www.vanhenten.be/blog/2020/04/10/pandemie-porte-italie/

    2
    Vendredi 10 Avril à 18:27

    Une connaissance me disait : moi je profite du beau temps. Si je dois mourir, j'aurai au moins eu ça. Elle a la sagesse ou l'inconscience de ne rien écouter des bruits du monde. On a tout de même battu un record de chaleur début avril. Mais bon, c'est du connu.

    3
    JMD
    Samedi 11 Avril à 13:27

    Puisque ce blog est au départ culturel je vous invite à consulter l’article de Uzbek et Riga qui ont classé 500 œuvres de fiction autour de thèmes catastrophiques. Au-delà de l’analyse quelques éléments sur le futur et les alternatives : https://usbeketrica.com/article/penser-apres-crise-au-dela-imaginaires-fin-du-monde 

     

    Pour répondre à ta question le défi de l’après confinement va être de changer pour que ce que nous considérons aujourd’hui comme subi et contraint devienne choisi demain.  Quelques-uns, anecdotique ou non. Le port du masque deviendra une habitude comme il l’est déjà en Asie où des pays comme le Japon, par exemple, qui a une hygiène et des règles sanitaires plus strictes, est moins touché par le COVID 19.  Les politiques sanitaires et sociales seront remises en cause : la crise actuelle révèle l’impréparation des systèmes de santé (absence de stocks, de vision et de planification) et les limites de la couverture sociale : un tiers des américains pourraient ne pas avoir accès aux services réanimation. Un recalibrage des systèmes socio-sanitaire est impératif car on aura d’autres pandémies. La destruction des écosystèmes et la réduction de la biodiversité va augmenter le risque de maladies infectieuses vectorielles (transmises par des vecteurs du vivant comme les insectes et les mammifères).

     

    Le COVID-19 est bien une conséquence des destructions que nous infligeons à la planète. Mais ce n’est pas encore ben passé dans le public. Nous ne sommes pas au-dessus de la nature, il nous faut repenser l’économie et les paradigmes du développement (la planète ne peut offrir un niveau de vie "européen moyen" qu’à 3,5 milliards d’humains.

     

    Et le pire est à venir : certes avec le coronavirus, nos économies tournent au ralenti. Ce ralenti devra devenir la norme si on veut éviter un réchauffement de deux degrés d’ici 2040 par une diminution des émissions des gaz à effets de serre. Pas sûr que nos dirigeants soient prêts à cet effort. Il faudra que la société civile se manifeste, fasse pression …. ou change ses dirigeants. Car le changement viendra de la base, de tous ceux qui ont pris conscience de la nécessité de revoir nos paradigmes. Des sondages récents ont démontré que 60% des confinés européens ont compris la nécessité de plus de sobriété.

     

    Cette décélération de nos économies sera induite par un changement des habitudes de consommation : moins de produits, moins de jetables, moins de vêtements, plus de produits durables et mutualisables. En quelques sortes une économie de guerre… que nous expérimentons grâce au confinement. Nous allons vers une rupture de nos modes de consommation et donc de nos mode vie. Les verts et 45 autres partis politiques et organisations suisses font pression sur le conseil fédéral pour ignorer les demandes d’assistance financière du secteur aérien. Pas sûr qu’ils soient entendus mais symptomatique des changements à venir.  Et le mouvement s’est étendu au niveau européen : https://stay-grounded.org/savepeoplenotplanes/

     

    Un signe ? Le 10 Avril, Bruno Lemaire, ministre français de l’économie, donnait une interview à la TV suisse. J’étais (heureusement) surpris de le voir tenir des propos timidement encourageant : https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/les-ministres-europeens-des-finances-ont-trouve-un-accord-economique--precisions-de-bruno-le-maire-ministre-franais-de-leconomie-et-des-finances-?id=11238173

     

    Une urgence ?  La décarbonation https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/08/apres-la-crise-sortir-de-notre-addiction-au-petrole_6035957_3232.html 

     

    @jmdelmotte

    4
    Samedi 11 Avril à 14:37

    Merci pour ta contribution étoffée qui résonne avec mes convictions. L'essentiel est de penser globalement et que quand on bat un record de t° le 10 avril à 24°, on ne se contente pas de dire, "c'est vraiment agréable" mais aussi d'ajouter que ce n'est pas normal. Si on ne le dit pas, on finira par considérer que l'anormal est normal, nous contentant de l'avantage immédiat d'une météo radieuse, qui a un prix par ailleurs.

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