• Beaux Arts

     

    équipeLa deuxième rencontre autour de mon livre a été passionnante. 

                                                                       Mon ancienne librairie  avait fait le plein.

    La majorité du public présent n’avait pas encore lu Le cinéma, une douce thérapie. Il n’était pas nécessairement cinéphile non plus. Plusieurs personnes ont donc demandé à la cantonade si la peinture et la lecture ne pourraient pas être thérapeutiques comme le cinéma.

    J’ai élaboré prudemment une réponse à cette question très pertinente. Il y a ce que j’ai dit mardi soir et ce qui me vient au moment j’écris aujourd’hui au petit matin. Je pense après coup qu’il en est des médiateurs thérapeutiques comme des thérapies : on choisit l’approche qui convient le mieux à notre personnalité, à nos affinités, nos besoins. Le courant passe ou pas avec un thérapeute. On est plutôt thérapie brève ou longue, freudien ou jungien. On préfère le travail corporel, la méditation ou la pleine conscience. D’autres pratiquent la marche lente ou le sport à outrance. Tout convient pour être bien à condition d’être en accord avec la voie choisie.


    Si le cinéma vous rebute, va pour la bibliothérapie, mise à l’honneur par Régine Detambel dans son dernier ouvrage Les livres prennent soin de nous, que les libraires invitants m’ont offert avec un clin d’œil. Quelques citations prises au hasard en tournant les pages pour humer le livre.


    « La lecture à voix haute est tout particulièrement réparatrice, d’où son intérêt dans la vie du bibliothérapeute, car elle peut même devenir une art-thérapie. »


    « Lire et écrire serait donc le geste de se créer un cocon protecteur et exploratoire. On se protège pour pouvoir mieux explorer le monde. Le papier serait-il donc du sparadrap ?»

                                                                                   Les livres prennent soin de nous
    La lecture et l’écriture tissent un cocon comme la salle de cinéma nous enveloppe dans une matrice chaude, calme et intime. Et si lecture, peinture, cinéma créaient des bulles bienfaisantes ? Plonger dans les mots, le grand écran ou une toile pour s’évader, se retrouver, se mettre en mouvement. Prendre distance avec la fureur du monde et l’agitation intérieure. Des havres de paix.


    « N’oubliez pas la musique », lance un intervenant. Cela coule de source. Le cinéma serait bien pauvre sans accompagnement musical. Certains lecteurs agrémentent d’ailleurs leur voyage littéraire d’un fond sonore. Un ami, musicien, peintre et timide me confie pendant le verre de l’amitié qu’assister à un concert ressemble au dispositif de la salle de cinéma : pénombre, public, communion avec les artistes.


    Sur la validité de la lecture et de la peinture entant que médiateur thérapeutique, j’ajouterais que lire un livre et regarder une toile invite à une relation avec soi-même. Ces deux activités convoquent l’introspection, plus que l’extraversion, me semble-t-il, tandis que le cinéma active les deux processus.


    « L’un, intrapsychique, ouvre l’inconscient ; le second d’ordre phénoménologique, met en contact immédiat et implicite avec des figures porteuses de changement. Ces processus engendrent deux types de spectateur : introspectif et extraverti, actifs en alternance. Le spectateur d’un film peut être successivement plongé en lui-même ou fasciné par ce qui apparaît à l’écran.» (Le cinéma, une douce thérapie, p.28).

    Je ne veux aucunement laisser le dernier mot au septième art.  Les six autres valent également le détour. Disons que le cinéma présente l’incomparable atout de les englober.

    Tremblements massifs

     

                                                 San Andreas


    Comme souvent, la semaine suivant le festival de Cannes est pauvre en sorties. San Andreas renoue avec la veine des films catastrophe. Les effets spéciaux sont très réussis, la trame scénaristique est archi conventionnelle, très cocardière dans le style America Will Survive. A la différence des années 70, les studios se fichent carrément d’étoffer les personnages. L’impavide Dwayne Johnson exhibe ses pectoraux d’ancien catcheur bienvenus pour déblayer les décombres. Les fans de La Tour infernale ou de L’aventure du Poseidon liront dans L'Ecran fantastique  le dossier très fourni sur Irwin Allen, réalisateur de l’âge d’or du cinéma catastrophe. Et puis, ils iront voir San Andreas, pour en avoir plein les mirettes.

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Michel Torrekens
    Jeudi 28 Mai 2015 à 11:04
    Très belle rencontre en effet. La libraire, Anouk, a proposé plusieurs axes d'entrées dans le livre, en a montré les potentiels. Les échanges qui ont suivi ont montré que le champ des douces thérapies est infini, d'une part à travers les disciplines artistiques, d'autre part avec chaque nouvelle sortie de film, tant il est vrai qu'on se fait à chaque fois son cinéma. De plus, l'ami Patrice était en pleine forme, au plus près de son sujet qu'il maîtrise à merveille, face à un public réceptif. Bravo
    2
    francis giroux
    Jeudi 28 Mai 2015 à 16:25

    Belle soirée et après soirée, apportant son lot de réflexions personnelles et partagées sur l'impact sensoriel, émotionnel, thérapeutique des disciplines artistiques.

    Encore merci Patrice pour ton éclairage avisé.

     

    3
    Jeudi 28 Mai 2015 à 18:06

    Merci les amis de votre présence et de votre soutien amical.

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