• BB Scoop

           Ateliers de ciné-thérapie  16 mai, 23 mai et 6 juin 2015, cliquez ici.  

    J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de Still Alice sorti hier en Belgique et en France. Le film repose sur l’interprétation pénétrée de Julianne Moore, familière des troubles mentaux depuis Safe où elle incarnait une femme allergique  aux polluants, devenue dépressive et paranoïaque. Ayant parlé des films avant leur sortie effective, je renverrai  désormais aux articles publiés anticipativement.

    Le succès (2.5 millions d’entrées en France) d’American Sniper m’étonne. Le dernier Eastwood touche déjà dix  fois plus de spectateurs que Démineurs sur un sujet similaire. C’est quatre fois plus aussi que Zero Dark Thirty de la même Kathryn Bigelow sur la traque de Ben Laden. Je me risque  à quelques hypothèses sur l’engouement  à propos d'une vision très partielle de la guerre en Irak.

    La réputation du grand Clint  Résultat de recherche d'images pour "clint eastwood" joue certainement.  A 84 ans, c’est peut-être son dernier film. L’actualité a probablement aidé le sniper. Son meurtrier vient d’être condamné à la prison à perpétuité. Le tribunal a réfuté la démence plaidée par la défense de cet ancien marine  de 25 ans traité pour trouble de stress post-traumatique. Il a abattu Kyle et son ami  de 13 balles dans un stand de tir. Curieusement, le film évacue cet épisode fatal en signalant laconiquement le fait sur un carton. Suivent des images de l’enterrement. Tough end.                                            

    Finalement, le public va peut-être voir un sniper américain pour se rassurer sur la force de frappe  occidentale face au terrorisme. Ou pour admirer la bravoure d’un homme au service de la démocratie. Ou pour voir les coulisses d’une guerre dont on sait peu de choses, sinon qu’elle ne rapporta rien aux populations locales. 

    Gran Torino Il est intéressant de savoir que Gran Torino a eu plus de succès encore que Sniper. Clint y campe un vétéran acariâtre de la guerre de Corée. Le vieux militaire raciste  finit par pactiser avec ses voisins asiatiques, allant jusqu’au sacrifice suprême.  L’ouverture et la tolérance, la cohabitation pacifique entre communautés  ethniques  mobilisent davantage que les scènes de combat. Ce film nuancé a plus de force que le portrait brut d’un tireur d’élite érigé en légende, mort au champ civil.

     

      Loin du fracas guerrier, Michel Deville  compose une filmographie élégante et raffinée.

    Il sonde l’âme et le vice humain, ciselant ses tournages sur les partitions classiques sélectionnées en mélomane averti.  Il ne tourne plus depuis 2004. Dans les années 60-70, Deville réalisait un film par an, comme Eastwood actuellement. Le français et l’américain ont le même âge.

    J’ai acheté un coffret reprenant six de ses trente longs-métrages. La présentation séduit l’œil et le cinéphile :  écrits sur les  intentions de l’auteur, critiques de l’époque et des bonus éclairants. Deville figure parmi mes cinéastes intrigants. J’ai eu l’occasion de le rencontrer en 1988 après La Lectrice. L’homme réservé et érudit me disait vouloir parler davantage de sa façon d’élaborer ses films, sujet peu abordé par la presse  généralement friandes des rapports du réalisateur avec les grands noms  de l’ époque attirés par ses films : Michel Piccoli, Miou-Miou, Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Jean-Hugues  Anglade,  Dominique Sanda, Fanny Ardant, Nicole Garcia…. Et aussi Bruel et Dutronc.

     

     

              L'Ours et la poupée - Poster Espagne                                  L'Ours et la poupée

    Il y eut incroyablement insolite, Brigitte Bardot une fois, en duo avec Jean-Pierre Cassel dans L'ours et la poupée. En 1969, Brigitte a 37 ans et n’intéresse plus personne. Jean-Pierre est relativement  inconnu. Deville avait pressenti Deneuve et Belmondo, intéressés mais occupés.  «BB» accepte immédiatement et renonce à son cachet. Je ne vaux plus rien, dit-elle.  

     

                        Brigitte Bardot                                         

    Elle avait envie de tourner une comédie depuis des lunes. « Je suis faite pour des films drôles, le reste ne me va pas très bien. », lâche-t-elle avec du regret dans la voix et le regard triste. Là, j’ai un scoop au détour d’un bonus édifiant. Ma mémoire cinématographique en est toute vivifiée

    J’ai commencé par L’ours et la poupée, le plus léger du coffret. Cette rencontre d’une mondaine sophistiquée et d’un violoncelliste rural baigne dans Rossini et un charme désuet.  Et puis, Eaux profondes et Le voyage en douce que je n’ai jamais vus.  Je salive déjà.

    .                                 Eaux profondes                         Le Voyage en douce


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :