• Au-delà du sensible.

     

     

     

               Never Look Away

     

    Douze ans déjà depuis le remarquable La vie des Autres.

    Florian Henckel von Donnersmarck balaye cette fois trente ans d'histoire allemande au long cours d'une projection fleuve de trois heures et huit minutes.Il s'appuie sur la biographie du photopeintre Gerhard Richter pour retracer les turbulences d'une Allemagne écartelée entre nazisme et communisme.

    Le film n'est pas encore sorti en France. Le titre varie selon les pays.

    Voilà pour les faits objectifs, la suite est totalement subjective.                                                   

     J'affirme donc, en tant que sujet pensant et spectateur, avoir vu un chef d'œuvre. J'écris "pensant", je devrais dire sensible.

     

      Ne détourne jamais les yeux

    La sensation des premiers émois. L'empreinte gravée par la première personne aimée alors que l'on est petit enfant, coupé de ses racines.

    L'amour plus fort que l'immonde. La beauté survit à l'horreur. Quatre cent mille "dégénérés" stérilisés pour assurer la pureté de la race, avant l'euthanasie systématique des rebuts aryens.

    Quelles vérités dans les deux Allemagne de l'après-guerre ?

    Assume tes idées et meurs pour elles, l'Histoire te vengera.

    Le goût de l'art serti à contre-courant des totalitarismes. Exposition en 1937 sur l'art dégénéré (L'Avant-garde). Entrée libre

    La toile blanche tant que tu ne sais pas qui tu es, que tu ne vis pas ce que tu sens.

    Ces yeux qui en ont déjà tant vu, plus que nous tous.

    Ce regard qui cherche le vrai, le juste, l'authentique.

    La créativité, antidote de l'obscurantisme. Liberté de créer, d'inventer, de pulser l'indicible. 

    De la graisse et du feutre, il y a que ça de vrai. Le geste incompris. Le don absolu.

    Sur les marches du père, en l'honorant sans honte.

    Mémoire émotionnelle, mémoire sensible, mémoire du toucher, indélébiles.

    Musique à petites doses, ample et galvanisante.

    Une espèce de transe me gagne tellement je sens la présence d'une absence précoce.

    J'ai fait ce que j'ai pu.

    Une quinzaine de spectateurs, estomaqués, réunis dans un même louange, nimbée d'une émotion muette, si palpable.

    S'il vous plaît, Florian, n'attendez pas dix ans avant de nous ravir comme nous l'avons été en cet après-midi du vingt-cinq mars.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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