• Au cœur de la résistance

     

     

    Je danserai si je veux : Affiche La femme est l’avenir de l’homme, disait le poète.

    Trois femmes conquièrent leur avenir en se dressant contre l’emprise mortifère des hommes. Laila, Salma et Nour mènent un combat déterminé à l'assaut des traditions familiales et conjugales. Elles façonnent leur identité étirées entre deux cultures, en tant que Palestiniennes vivant à Tel Aviv en Israël. Laila et Salma partagent un appartement. Elles vivent la nuit autant que le jour, au sein d’une bande de copains branchés.

    Je danserai si je veux : Photo Laila est une avocate renommée, nourrie à la laïcité dans une famille aisée.

    Je danserai si je veux : Photo Salma fuit un mariage arrangé voulu par ses parents chrétiens.

     

    Elles accueillent Nour, musulmane voilée, étudiante en informatique, ce qui déplaît à son fiancé intégriste.

    Je danserai si je veux : Photo

    Il voudrait avancer le mariage et rapatrier Nour dans sa ville natale, bastion du radicalisme islamique israélien. 

    Nour sent confusément qu’elle doit garder ses distances, qu’elle maintient d’abord avec ses colocataires, éberluée et choquée au contact d’un mode de vie libertaire, voire libertin. Salma vit un amour sous le manteau avec une femme, Laila fume régulièrement du cannabis. Les deux amies rentrent à pas d’heure, tandis que Nour potasse ses cours. La pression répugnante de son fiancé incite Nour à desserrer le carcan du mâle dominant. Elle danse seule dans l’appartement, elle tombe le voile et s’accroche à ses études, encouragée par ses nouvelles amies. Salma et Laila ne jugent pas cette fille apparemment soumise, elles l’éveillent doucement à une existence moins rigide. Le verrou sautera définitivement dans des circonstances épouvantables. Les deux amies font  preuve d’une entraide inconditionnelle envers leur sœur souillée.

                                                         Je danserai si je veux : Photo

    La réalisatrice a mis cinq ans à monter Je danserai si je veux ( 2 août en Belgique, 14 avril en France), un premier film qui résonne avec son histoire personnelle. Maysaloun Hamoud a dix-huit ans lors de la répression sanglante (en 2000) d’une manifestation d’Arabes israéliens, solidaires de leurs compatriotes de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Elle rejoint la résistance en territoire juif, ajoutant à la revendication d’un État palestinien, celles de l’égalité des sexes et de l’accès à la culture. La jeune cinéaste suit ses héroïnes, caméra à l’épaule, au plus près de femmes à la fois avides de liberté et anxieuses des conséquences de leur rébellion. Elles témoignent d’un courage admirable pour marquer leur différence dans une société conventionnelle jusqu’à étouffer la personnalité. Ce film sur l’émancipation des femmes souffle un vent de liberté et d’affirmation de soi salutaire. Les trois actrices, dont une non- professionnelle, emportent l’adhésion ; elles nous révèlent le quotidien d’une jeunesse palestinienne  à l’étroit dans les villes arabo-israéliennes de Jaffa, Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem. Une tranche de vie qui a valeur de document.

    P.S.  Si vous êtes sensible au sort des Palestiniens, regardez ce court-métrage d'animation, inspiré de l'histoire d'un petit garçon, qui veut s'élever au delà des murs physiques et symboliques. Ronaldo tire droit au cœur.

     

     


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