• Amalgames

     

                                                            Ciné-thérapie, de la vie à l'écran, polysémie du cinéma,

                                               les trois accents d'un cent quarante-septième article de Cinémoithèque

     

                                                      Un film agite doucement, remue en profondeur.
     

                                                                                                Samedi 24 octobre
                                                                                         Cinémouvance

     

                                                                                          Au programme

                                                            The Weather Man (2005) Poster

                                                                                           L’estime de soi
                                                                          Après la pluie, le beau temps

                   Un sixième atelier pour asseoir son identité narrative et avoir une meilleure image de soi.

                                         Susciter du mouvement entre l’écran et soi, entre soi et l’écran.
                                         Générer des récits singuliers issus de sa vision singulière du film.
                                         Épaissir son histoire personnelle à l’écoute de narrations croisées.


                                           La ciné-thérapie stimule l’amplification d’une version originale de son histoire.
                                                                            Sortir de l’image figée de soi.

    A Wépion, 15 allée de Neris,

    de 9h15 à 17h30, 50 euros la journée.

    Informations et inscriptions p.gilly@mail.be ou Tél. 081.74.84.33 

    Le choix de The Weather Man étonne la première inscrite à l'atelier du 24 octobre.

    Je pense qu'aucun film n'est anodin. La perception du spectateur dépend de l'engagement mis dans la projection. Les participants aux ateliers vivent la séance d'entrée avec l'intention d'en retirer quelque chose. Ils sont attentifs aux mouvements intérieurs que suscitent les images, ils observent la résonance du film avec leur propre histoire. A partir de cet écho, ils tissent un nouveau récit d'eux-mêmes, nourri et soutenu par le groupe.

    Les cinéastes résonnent constamment avec leurs films. Ils montent des images qui leur correspondent et les renvoient à une réalité modifiée.

      Au fond, tout ça, c'est du cinéma, mais le cinéma et la vie, c'est pareil, disait Jacques Demy.

    Cette citation est extraite de la troisième édition de la monographie consacrée au cinéaste en-chanteur. Jacques Demy et les racines du rêveJe possède le coffret de l'intégrale de ce réalisateur sous-estimé, voire incompris. Une gaieté de façade dissimule "des failles obscures qui demandent encore à être explorées."Jean-Pierre Berthomé relève une gravité masquée dans Les parapluies de Cherbourg, un des rares films français des années soixante à évoquer le traumatisme de la guerre d'Algérie. Et aussi dans Le joueur de flûte, tableau saisissant d'un Moyen Age rongé par la peste et l'intolérance.

    Oui, aucun film n'est anodin. Un long-métrage porte toujours des fragments de vie du réalisateur ou traduit ses

    préoccupations et ses goûts.  Jacques Demy est d'une fidélité exemplaire aux images de son enfance : le garage paternel, le bistrot de grand-mère, Peau d'Ane, qu'il jouait petit dans son théâtre de guignol. Le film est d'abord un retour à sa propre enfance. Il a fréquenté les salles très tôt, "envoûté par quelque chose de tout à fait magique."

    Chez Laura Bispuri, c'est l'amour de l'Albanie qui transparaît dans son premier film Vierge sous serment (30 septembre en salles) et l' émoi devant le statut dégradant de la femme dans les montagnes reculées du Nord. "Je me suis passionnée pour l'Albanie et sa culture de toutes les manières possibles : des rencontres, des lectures, de la musique, des recherches sur l'approche anthropologique de cette tradition de la "Vierge jurée". Ensuite, je suis allée plusieurs fois sur place, dans les montagnes." 

    Laura a fouillé les textes du Kanun, la loi tribale qui permet aux filles de vivre comme un homme sous  condition de jurer de  rester vierge à jamais. Hana devient Mark pour échapper à la domination masculine, à moins que ce soit pour d'autres raisons obscures. Il quitte l'Albanie et gagne l'Italie.  Le corps réel  pousse, la féminité affleure sous des latitudes exaltant l'aisance physique. Chassez le naturel, il revient au galop. La nièce de Mark

    Vierge sous serment : Photon'est pas dupe, ni un maître-nageur. Mark/Hana commence lentement sa mue vers l'amour.

    Une mise en scène ennuyeuse et morne coupe l'accès à une réflexion intéressante sur la féminité et liberté. Il faut beaucoup de patience au spectateur pour débusquer le propos d'une cinéaste qui abuse des plans séquences insignifiants en caméra fixe. Dommage. 

    Troisième exemple de symbiose de la vie et du cinéma, Luc Jacquet, dont j'ai vu La Glace et le Ciel (21 octobre en salles)           

             Le documentariste utilise la caméra comme un porte-voix. 

    "Ma prise de parole se fait au cinéma. Parce qu'il y a un point de vue de quelqu'un sur quelqu'un. J'évoque une manière de voir le monde, et qui a besoin de la partager. Cette notion de transmission est essentielle pour moi. C'est par la transmission que l'on atteint l'éternité."

    Après Francis Hallé, l'homme des forêts, Claude Lorius, l'homme des glaces. Luc Jacquet retrace l'extraordinaire odyssée du glaciologue de 1956 à nos jours. Le savant français a été un des premiers  à établir un lien entre l'activité de l'homme et le dérèglement climatique. Le documentaire n'a rien de militant. Il témoigne, images d'archives à l'appui, de l'obstination aventureuse de scientifiques à comprendre l'évolution climatique en sondant inlassablement les glaces de l'Antarctique au péril de leur vie.

     

                                                   

    C'est un hommage au dépassement de soi, au largage de ses égoïsmes, à la capacité de l'homme à relever les défis les plus fous. Aucun effet de manche, les faits, rien que les faits. L'analyse d'une bulle d'air libérée après 400.000 ans de glaciation s'est avérée passionnante, même pour le littéraire qui signe ces lignes. 

    Des scientifiques français, russes et américains fournissent la  preuve irréfutable que l'homme modifie les cycles millénaires du climat. Le désastre est prédit tôt, vérifié et revérifié.

    Qu'êtes-vous prêt à  faire? questionnent  le savant et l'homme d'images. Lire à ce sujet l'éditorial du journal Le Monde daté du12 septembre 2015.

    Prolongation de l'enfance, coup de coeur ou engagement humaniste, le cinéma est terriblement vivant et jamais être anodin.

     

     


     


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