• Alice au pays du maire, veille

     

                                Alice et le maire : Photo Fabrice Luchini

     

    Paul Théraneau est maire de Lyon, troisième ville de France. Il fait de la politique depuis trente ans, c'est une vocation. Il est satisfait de son bilan, pense même à l’Élysée et pourtant, il a le sentiment de tourner à vide. Il n’a plus d’idées.

    Alice, sortie d’un long cursus de lettres est engagée pour prendre du recul, travailler sur les idées et requinquer le maire. La trentenaire intellectuelle accepte cet ordre du jour vague, à défaut de savoir ce qu’elle veut dans la vie.

    « Vous allez m’aider à penser. Vous me ferez des notes. Nous en discuterons. N’hésitez pas à livrer le fond de votre pensée. »

    Alice n’a pas vraiment le temps de penser, mise à toutes les sauces d’un cabinet soumis à l’urgence d’un agenda débordant. Elle devra même remplacer sa cheffe au pied levé. Face à un collectif d’aide aux immigrés, Alice avoue son incompétence. Ici, c’est du concret, la pensée s’évanouit dans les méandres de sanitaires défectueux.

                                                        Alice et le maire : Photo Anaïs Demoustier, Léonie Simaga

    Donc réfléchir dès que possible, dans le bus, dans la rue, toujours un livre à la main; en observant aussi le grand commis de la politique dans ses œuvres. Alice admire Paul, détenteur d’un cap qu’elle cherche en vain. Elle est attentive et réservée, répond à la demande, n'anticipe pas.

    Alice prend du galon au détriment des boîtes de comm’ et des soutiers qui se décarcassent sur le terrain. Le tandem maire/philosophe trouve rapidement ses marques. Le duo Luchini/ Demoustier est crédible, plausible, visible. Ils se voient tard le soir, au creux de la nuit (très belle séquence allo déprime), dans de courts trajets dans les couloirs ou entre deux inaugurations. Ces discussions stimulantes sont quelquefois verbeuses, souvent éclairantes sur l’infernale machine qui empêche le politique de lever le nez du guidon. Éclairantes à condition de s’accrocher, tellement d’idées fusent et sont contredites.

                                        Alice et le maire : Photo Anaïs Demoustier, Fabrice Luchini

    Nicolas Pariser remet l’humain au centre de l’échiquier, confronte l’intellectuel à la matérialité de la politique. Le penseur est plein, l’homme public se vide. Alice et Paul jouent aux vases communicants. Le vieux briscard tombe sur une citoyenne qui croit encore aux hommes vertueux, serviteurs de la cité. Au risque de perdre amis et illusions pour Alice, collaborateurs et électeurs pour Paul. Mais la complicité nouée entre deux êtres de chair surmonte les doutes et les coups de mou.

    La première note d’Alice au maire porte sur la modestie, entrée vers la sortie du prêt à penser.

     

     


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