• Agacements

     

                              Reprise de l'atelier Cinémouvance sur l'estime de soi  le 12 décembre 

     

    Une vision de presse à Bruxelles prend une bonne partie de la journée. Je vous explique. Une demi-heure de vélo jusqu’à la gare. Une heure et sept minutes de train (si tout va bien) de Namur à Bruxelles. Idem au retour, soit trois heures quatorze de déplacement (au moins).

    Normalement, je couple deux films par trajet. 

    Hier, j’ai dérogé à la règle, curieux de voir Le goût des merveilles, une romance entre un autiste de haut niveau et une veuve arboricultrice.

                                             Le Goût des merveilles : Photo Benjamin Lavernhe, Laurent Bateau ...

     

    Je savais le réalisateur bien documenté sur le syndrome d'Asperger. Ce trouble qualifie les personnes ayant de sérieux problèmes de communication avec l’entourage et qui décryptent difficilement les émotions d’autrui. En revanche, elles excellent souvent dans l’activité intellectuelle, les mathématiques, les échecs ou l’informatique.

    J’avoue que l’autisme irrigue mon penchant à provoquer le contact. Lorsque j’étais journaliste, j’adorais «accoucher» mon interlocuteur et l’amener à se dévoiler. Le monde clos de l’autisme a toujours piqué ma curiosité. Nell figure d’ailleurs parmi les vingt-sept films racontés dans mon livre. Notre fille a réalisé le vœu secret de son père en accompagnant des autistes une année pleine après ses études. Elle a appris sur le tas et a vécu des moments extraordinaires.


    Le cinéma évoque de près ou de loin ce trouble neurologique, voire cette psychose (selon les écoles). Je pense à


    Ben X,   Sam, je suis Sam,      Rain Man,

    Souvenirs de Marnie,    Forrest Gump, Code Mercury,

     

                                                                                   Le monde de Nathan…

                                                                                      voir le 18 août 2015

     

     Le goût des merveilles (sortie le 16 décembre), bernique !


                Il est honnête, fiable et fidèle et il ne veut de mal à personne. Alors, oui ; il est différent. »

    Jusque là, c’est sympa. Pierre a percuté la voiture de Louise. Il se promène en complet veston, un ordi à la main et il aime bien la jupe de l’affriolante distraite. Le sociétaire de la comédie française adopte justement la posture autiste : il évite les regards, 

    fuit le contact corporel, il est extrêmement concentré et hypersensible.Le Goût des Merveilles | Espace Pro : Téléchargement - UGC ...

    Tout est dit, si je puis dire au bout d’une vingtaine de minutes. Que dire encore… la Drôme est photogénique, la petite exploitation familiale a de laids jours devant elle à moins que la patronne ne rencontre le soutien de Pierre le rêveur, habile à pirater les comptes des mauvais payeurs. L'écologie, la loyauté conjugale ont balayé l'autisme.

    Cet après-midi gaspillée m’a dissuadé de renouveler l’expérience du voyage pour 21 nuits avec Pattie.Tant pis, l’affiche était alléchante mais ce blog ne colle pas nécessairement à l’actualité. Je passerai (ou pas) 21 nuits en salles.


    J’étais très agacé également après Nous trois ou rien (30 décembre en Belgique). Il cartonne en France (4 novembre) et chez mon pote Charles. La curiosité une fois encore m’a joué un mauvais tour. Kheiron raconte l’histoire de ses parents, opposants au Shah d’Iran (en français beur) et réfugiés en France. Le couple milite en Seine Saint-Denis. Le père devient directeur du centre social

    du quartier des Poètes à Pierrefitte .

    Kheiron transpose son humour stand-up à l’écran, dans une narration grotesque d’événements tragiques. Ces sautes constantes de l’humour à la gravité désarçonnent et déforcent un destin exemplaire. Un deuxième confrère, en délicatesse avec cette pochade, me demandait, à moi, le psy de service, pourquoi le fils à la ville incarnait le père à l’écran. Je l'ai adressé à un collègue.


    Franco-iranien, Kheiron a le culot de traiter par-dessus la jambe des sujets aussi sensibles que l’Iran sous la dictature, l’obscurantisme ou l’engagement politique. Sans moi, mais avec 475.000 français en quatre semaines d’exploitation. La France de Marine préfère peut-être en rire tellement elle est triste (la France).

     

     


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